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Les angoisses de la flexibilité

Catégories : Management RH le 23 Février 2010

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Le quatrième « 1er café » s’est tenu le 16 février au Lutétia. L’invité de ce débat animé par Antoine Reverchon, responsable du supplément économie du Monde était Michel Villette.

Docteur en sociologie (École des Hautes Études en Sciences Sociales, 1977), HDR (Université Paris 1 Sorbonne, 1992), il a été cadre au groupe BSN (1974), maître de conférence à l’Université de Téhéran (Iran) (1975-1976), consultant à la société Euréquip (1978-1982), chercheur au Centre d’Études des Système et Technologies Avancées (1982-1987), directeur d’études à l’Institut Entreprise et Personnel (1987-1990), professeur à l’École Supérieure de Commerce de Paris, ESCP (1990-1992).
Il est actuellement professeur de sociologie à Agro ParisTech et chercheur associé au Centre Maurice Halbwachs (UMR N°8097) de l’École Normale Supérieure.
L'acharnement à éliminer le facteur humain est devenu en France un dogme, une obsession qui va au delà de l'économiquement justifiable. Telle est la thèse présentée par Michel Villette. L'humain est poussé hors des organisations. Et ce dogme est souvent porté par la direction des ressources humaines même s'il n'est pas défini par cette même drh. L'exemple du métro démontre les méfaits de ce dogme sur la qualité de service par une analyse comparée des métros de Tokyo, Philadelphie et Paris. Quel est le métro le plus humain entre le système japonais qui met en scène des collaborateurs attentifs et à l'écoute qui accompagnent les voyageurs pas à pas dès l'achat du billet jusqu'au quai ? Les collaborateurs handicapés ou chômeurs de longue durée dans les rames du métro de Philadelphie qui amusent, assurent la sécurité des passagers...et les distributeurs de billets qui constituent les seuls interlocuteurs des voyageurs parisiens ? "Dans notre société, il faut agir comme si personne ne pouvait agir pour nous", écrit Jacques Attali. Qu'en est il des chômeurs ? La question est comment faire une société de la connaissance avec des précaires ? Certaines solutions se sont pourtant mises en place, par exemple, dans le domaine artistique.
Quelles sont les frontières de l'entreprise ? Comment repenser les organisations ? Faut-il encourager le portage salarial ? C'est un véritable sujet à creuser avec des solutions qui peuvent venir outre Manche et outre Atlantique. Dans quel cadre institué peut-on faire évoluer les personnes alors que depuis 20 ans les statuts sont défaits ? Quel statut peut on réinventer dans une société sans statut ? La notion d'utile a disparu. Il faut réfléchir cnjointement sur la notion d'utilité et de prise en charge.
Associer ou dissocier telle est la question.

Catherine Carradot
Déléguée Générale