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Rémunérations, salaires, primes : le président de l'ANDRH interviewé par la Tribune

Catégories : par Thibaud VIOTTE, le 12 Septembre 2011

Jean-Christophe Sciberras était interviewé pour commenter l'enquête annuelle du cabinet Aon Hewitt sur les salaires.

Selon la dernière enquête du cabinet Aon Hewitt sur les salaires, les entreprises françaises prévoient des budgets d'augmentations salariales de 3 % pour 2012. Est-ce réaliste?

Il faut être prudent en cette rentrée. D'autant que les aléas économiques venant des différentes zones du monde commencent à être certains. Cela dit, une prévision de hausse globale de 3 % en 2012 me semble cohérente, même si, je le répète, compte tenu de la conjoncture internationale, je ne suis pas certain que les entreprises feront beaucoup mieux que les 2,8 % d'augmentation octroyés en 2011.

Pensez-vous que la prime sur les dividendes, instaurée cet été par le gouvernement, aura un impact positif sur les augmentations salariales pratiquées par les entreprises en 2012 ?

Les entreprises touchées par cette mesure vont commencer à prévoir un budget pour cette prime si elles doivent la verser l'an prochain, distincte des augmentations salariales. On ne sait pas encore ce qui sera négocié bien évidemment. Ce ne sera pas 50 euros, ni en sens inverse 1.000 euros. Une fourchette comprise entre 250 et 500 euros est imaginable.

L’enquête montre également une pratique grandissante des entreprises pour la rémunération variable. Êtes-vous surpris ?

On observe cette tendance de fond chez les cadres. Pendant la crise, les budgets consacrés aux augmentations salariales ont été fortement réduits. C'est la raison pour laquelle les entreprises ont développé la rémunération variable pour motiver, récompenser et fidéliser les salariés qu'elles souhaitent garder.

Les Français sont-ils davantage sensibles que par le passé au package de rémunération globale qui prend notamment en compte la complémentaire santé, la prévoyance ou la retraite ?

Il y a une vraie sensibilité aux questions de prévoyance, de santé et de retraite. Du point de vue de l'entreprise, parce que c'est plus intéressant pour elle, mais également du point de vue des organisations syndicales, qui, lorsqu'elles négocient des accords sur le sujet, se montrent très attentives aux prestations proposées. Cette prise en compte est lente, car il est complexe dc convertir en euros ces « compléments de rémunération ». Mais elle évolue au fur et à mesure que les entreprises se positionnent sur ce terrain-là et qu'en parallèle l'État se désengage sur ce sujet-là.

PROPOS RECUEILLIS PAR ISABELLE MOREAU - La Tribune - 07 septembre 2011