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Colloque franco-italien des RH : ode au bonheur au travail

Catégories : par Sylvie AGHABACHIAN, le 13 Octobre 2014

Les groupes ANDRH Provence et Côte d’Azur ont organisé avec l’AIDP (Associazione Italiana per la direzione del personale) de Ligurie et du Piémont, le 11 octobre dernier, le 25ème colloque franco-italien des ressources humaines à Marseille. Plus de 100 participants étaient présents.

Comment peut-on à la fois lier le bonheur au travail à la performance dans l’entreprise ? Telle était la problématique RH posée à ce 25ème colloque qui réunissait des DRH français et italiens. Alexandre Jost, fondateur de la Fabrique Spinoza «le think-tank du bonheur citoyen» a tenté d’amener des réflexions utiles aux organisations en chassant quelques idées reçues : le bonheur au travail n’équivaut pas à une politique sociale (changer de locaux, augmenter les salaires…), prévient l’ancien consultant en stratégie. Autre constat d’échec : les sous-traitants d’Apple en Chine pour prévenir des risques psychosociaux (RPS) ont déposé des filets au 1er étage des usines. Mais si on lutte uniquement contre les RPS ou si on ne s’occupe que de ses talents, on laisse de côté 70 % de potentiel de bien-être et de performance. » Les DRH Français et Italiens invités à s’exprimer sur le bonheur au travail s’accordent à dire qu’il se traduit par des qualités de performances professionnelles. « Comme biologiquement la contagion émotionnelle est plus forte dans le négatif que le positif, il faudrait faire trois feedback positifs contre un négatif », suggère Alexandre Jost qui fourmille d’exemples où le bonheur rime avec la performance. Comme celui d’une entreprise anglo-saxonne de restauration qui a instauré un management à livre ouvert en faisant le pari de partager l’intégralité de la stratégie économique et financière avec les collaborateurs. Une marque de confiance incroyable qui a créé de la cohésion et une augmentation des résultats.

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De gauche à droite : Edvige Della Torre, fondatrice du cabinet milanais EDWI RH, Davide Boccardo DRH L’Oréal SAIPO Industriale et Paolo Antonio Campion, DRH EMEA chez Eaton.

Pratiques d’entreprises italiennes

Le jumelage depuis 25 ans entre l’ANDRH et l’AIDP (Associazione Italiana per la direzione del personale) de Ligurie et du Piémont a permis de valoriser lors de ce colloque des pratiques d’entreprises en matière de bien-être en Italie. Edvige Della Torre, fondatrice du cabinet milanais EDWI RH, a présenté une enquête réalisée auprès de 136 managers qui révèle l’importance attachée à un bon environnement de travail, une bonne relation avec des collègues, une maternité sereine notamment…Parfois la confiance, le mérite et un respect très simple suffisent. Certains demandent juste que leur chef leur dise bonjour. » Alexandre Jost ajoute « qu’avoir un bon ami augmente de sept fois la productivité au travail. » Les efforts en matière de formation peuvent payer aussi. « Nous sommes devenus l’entreprise la plus grande du groupe L’Oréal grâce à un travail sur le bien- être », précise Davide Boccardo, DRH L’Oréal SAIPO Industriale. Pour Paolo Antonio Campion, DRH EMEA chez Eaton, « l’objectif du groupe est la santé. Une réelle stratégie globale de bien-être a été développée avec cinq piliers : une bonne alimentation avec des produits de qualité dans le restaurant d’entreprise, la promotion de l’activité physique, des cours pour arrêter de fumer, des cours pour faire comprendre le stress aux managers et la possibilité de connaître ses valeurs sanguines. » A cela s’ajoutent des cours de cuisine, de massages, un podomètre pour inciter les salariés à ne pas prendre l’ascenseur… « Les comportements des managers doivent être cohérents avec la ligne de l’entreprise donc nous le mesurons », ajoute Paolo Antonio Campion. Pari réussi avec un taux d’absentéisme à 3% et des salariés plus fiables et impliqués dans l’entreprise. Dans la salle, les participants confrontés à la résistance de leurs collaborateurs sur les questions santé et famille en entreprise s’interrogent et demandent des recettes. Alexandre Jost conseille « la mise en place d’un baromètre et l’instauration d’un dialogue et l’implication des salariés dans la mise en place de mesures. Sauf si la culture de l’entreprise n’a pas vocation à aller dans la vie privée. »

Aux côtés de Frédéric Casabianca, président du groupe ANDRH Provence, Isabella Covili Faggioli, présidente de l’AIDP a souligné que « dans un contexte économique et social difficile en France, mais aussi en Italie, les témoignages de ce colloque prouvent que le facteur du bonheur au travail permet de rendre plus compétitives les entreprises. » Même si on ne fait pas le bonheur des salariés qui ne le veulent pas.

Pour aller plus loin :

L’ONU a créé la journée internationale du bonheur le 20 mars

Pour en savoir plus sur le bonheur au travail, le dossier du numéro de Personnel de janvier 2014 :

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