Octobre 2011 - N°523
Emploi : pour des démarches concertées
Tout au long de ce dossier, vous lirez des expériences tentées dans les territoires ; vous vivrez les engagements et la détermination d’acteurs, locaux pour la plupart ; vous mesurerez les enjeux de la formation dans le cadre de la nouvelle loi sur les OPCA, ainsi que les ancrages locaux pour aider aux reconversions. Vous découvrirez des énergies mises en œuvre, des exemples reproductibles dans vos entreprises… en apparence en tout cas.
Car c’est là, la difficulté. Il semble qu’il y ait des solutions que chacun d’entre nous pourrait mettre en pratique pour améliorer l’emploi tout autour de nous. En tout cas, en contribuant chacun avec un petit élément, pour que l’ensemble soit, en effet, une lutte efficace pour l’emploi.
Mais le résultat que chacun peut aussi voir, autour de lui, ou dans son entreprise, n’est pas celui que l’on pourrait attendre. Les chiffres du chômage augmentent, progressent, malheureusement au gré des mauvaises nouvelles économiques, avec une inexorabilité qui contraste avec les ambitions de ces politiques ou expériences qui sont décrites.
Les jeunes diplômés continuent à avoir des difficultés énormes pour pénétrer le marché malgré tout ce qui est écrit sur la guerre des talents et les mérites de la marque employeur censée attirer les meilleurs… On se demande pourquoi ils ne sont pas tous, tout de suite embauchés à la sortie des écoles prestigieuses qui les ont formés.
Les jeunes non diplômés à qui les régions, les territoires, s’intéressent pour leur donner une première chance que l’on espère prometteuse et porteuse d’espoir, se forment et pourtant restent sans travail.
Quant aux seniors, malgré la cœrcition des accords obligatoires sous peine d’amende, et malgré les incitations pleines de bons sentiments des pouvoirs publics y compris locaux, ils restent très nombreux à coté de l’entreprise, en tout cas hors de l’emploi.
Et avec tout ça, ce n’est malheureusement pas nouveau de l’écrire, nous sommes le pays où il y a le plus de jeunes sans emploi et le pays où il y a le moins de seniors en activité. Ce n’est bien sûr pas une raison pour ne rien faire et couvrir d’une chape pessimiste toutes les expériences décrites ici. Il faut malgré tout être lucide et les mettre en œuvre avec passion, quand c’est possible, pour apporter chacun sa pierre à la construction de l’emploi dont nous avons tous besoin.
Cette contribution au problème de l’emploi, chacun d’entre nous, DRH dans son organisation, peut la mettre en œuvre, en utilisant les bassins d’emploi ou même l’ANDRH pour mettre en commun les besoins et les offres. Mais ce n’est pas facile.
Et pourtant la génération en poste a connu des enseignements de ressources humaines. Qu’est-ce que ce sera quand arriveront à maturité les managers qu’évoque Charles-Henri Besseyre des Horts dans sa chronique et qui n’ont même plus de réflexion RH dans les programmes de MBA !
C’est bien encore, avec ce sujet, que se concrétise notre problématique où nous sommes ceux à qui les pouvoirs publics et l’administration demandent tout et son contraire.
Izy Béhar
Rédacteur en Chef