Octobre 2008 - N°493
La capital humain est-il un actif immatériel ?
Le dossier central de Personnel, organisé autour du capital humain et des actifs immatériels de l’entreprise, prendra donc tout son sens et permettra d’aborder nos temps difficiles, non seulement au travers de problématiques économiques et commerciales que nous connaissons déjà, mais aussi au travers de ce que le DRH, et lui seul, peut valoriser et qui est ce trésor non matériel qui existe partout, autour de nous.
Ce capital immatériel n’est pas inscrit au bilan. S’il l’était, il devrait l’être à l’actif et représenter ce qui fait la différence entre les entreprises, ce mélange de choses tangibles comme les brevets par exemple et de choses plus diffuses comme les valeurs humaines ou comportementales ou les savoir-faire.
Le chemin est encore long pour voir les entreprises utiliser le même langage aussi bien pour les financiers que pour les DRH dans les situations de valorisation de l’entreprise. Et pourtant, dans le bon sens commun, tout le monde est prêt à comprendre et accepter, par exemple, que dans une période difficile il faut essayer de garder les meilleurs ou tout faire pour les empêcher de partir. Tout le monde comprend bien qu’il y a des actifs immatériels mais tout le monde n’est pas encore prêt à les valoriser et à changer le prix d’une entreprise à la hausse comme à la baisse, juste à cause d’eux.
Grâce à notre dossier, les DRH auront une corde supplémentaire à leur arc.
Dans ce numéro, nous inaugurons également une nouvelle rubrique (p. 18) et c’est toujours un événement. Fruit de la réflexion sur les moyens de faire coller un peu plus notre revue à l’actualité, ce qui est toujours plus difficile pour un mensuel, nous avons décidé de poser « Trois questions à… » des acteurs déterminants de notre monde professionnel.
Ce n’est donc pas un hasard que ce soit à Xavier Bertrand, ministre de l’Emploi et de la Solidarité, que nous ayons posé pour la première fois ces questions. Il nous donne ici, brièvement, son actualité du moment, sa perspective à moyen terme en même temps que son bilan de la période passée.
S’il est vrai que, sur l’année écoulée, notre métier a été moins celui de gestionnaire des ressources humaines que de « metteur en place » de législations nouvelles, avec la complexité que l’on connaît dans le droit français, acceptons l’augure du ministre : « Il fallait faire des réformes, nombreuses et en profondeur. Maintenant qu’elles sont faites, nous pouvons, dans un environnement différent, mais plus performant pour l’entreprise, nous remettre à gérer les RH »… Comme si c’était notre cœur de métier !
La rubrique juridique vous apportera également, ce mois-ci, le commentaire de Stéphane Béal sur un arrêt particulièrement intéressant en matière de réintégration, permettant là aussi de mesurer le décalage qui existe entre les décisions de justice qui font jurisprudence et la réalité de ce qu’est la vie en entreprise.