Décembre 2008 - N°495
La créativité des salariés facteur d'amélioration de la performance des entreprises
L’entreprise est toujours structurée et les processus sont eux-mêmes structurants. Les entreprises ne fonctionnent pas de manière fantaisistes et, sans revenir sur tout ce qui a été écrit depuis des décennies et des décennies sur les schémas d’organisation, on peut quand même dire, d’une manière simple, que les individus doivent accepter le fonctionnement décidé par l’entreprise et globalement s’y conformer.
Bien entendu, la négociation existe, et dans nos univers, avec plutôt une confrontation des représentants des deux forces en présence, les représentants des salariés et ceux de la direction de l’entreprise. Ce fonctionnement semble laisser peu de place à la créativité, que pourtant, chacun d’entre nous possède en soi et qui pourrait s’exprimer, y compris dans le monde de l’entreprise.
Pour autant, la créativité, comme en jardinage, nécessite quelques conditions favorables pour éclore et prospérer. Et c’est peut-être là que nos entreprises et nos modes de fonctionnement ne sont pas tout à fait prêts à permettre ces bonnes conditions. Les salariés ne sont pas des personnes différentes quand ils sont dans l’entreprise ou au dehors. Les potentiels de créativité ou d’innovation s’expriment facilement en dehors et peu souvent à l’intérieur.
Et pourtant, quelle richesse, quelles innovations appliquées aux processus, quelle motivation il y aurait pour ceux qui « font » en fonction de leurs idées et pas seulement parce que c’est imposé. L’entreprise, vous en trouverez des exemples, qui se met à l’écoute de la créativité de ses salariés, gagne sur deux tableaux : la motivation des acteurs et l’efficience de l’organisation.
De plus, ceux qui se mettent dans la situation de regarder avec du recul ce qu’ils font et comment ils le font pour atteindre le résultat escompté, et même y apporter des améliorations, ceux-là sont nécessairement plus experts et augmentent leurs compétences.
Il faut donc libérer la créativité qui peut se trouver en chacun. Le droit d’expression des années 1980, inspiré du fonctionnement des entreprises japonaises, était une timide incursion dans ce mode différent de pensée et d’organisation. Il n’est pas encore allé très loin. Pas assez loin.
Dans ce numéro, nous continuons également notre rubrique des « Trois questions à… » avec ce mois-ci les réponses de Laurence Parisot, présidente du MEDEF.
Les rubriques « Protection sociale » et « Juridique » attirent également ce mois-ci l’attention des DRH sur des sujets qui ne sont peut-être pas les plus discutés mais qui sont importants dans nos vies professionnelles, surtout après les changements des règles, comme le législateur sait bien le faire, à intervalle régulier.