Avril 2009 - N°498

La prospective des métiers

La prospective des métiers

Nous avons déjà parlé de cette mission d’architecte que le DRH veut souvent avoir, c’est-à-dire être celui qui voit avant les autres ce que sera la maison une fois construite. Nous avons déjà dit que la prévision, si elle est difficile – et encore plus de nos jours – est nécessaire, indispensable. On ne peut gérer le présent si nous ne savons pas ce que nous ferons dans l’avenir proche. C’est parce que nous avons déjà réfléchi à cela que nous pouvons aujourd’hui donner, dans ce numéro, une autre définition au « P » de la GPEC, la prospective.

Si la prévision est nécessaire à l’action, la prospective, elle, est beaucoup plus fondamentale. Elle est la réflexion sur ce que sera le futur, notre futur, dans nos entreprises et dans nos métiers. A la vérité, sans prospective, il ne pourrait y avoir de prévision.
Le numéro de Personnel que vous avez entre les mains, comme souvent, ne se contente pas seulement de vous permettre de réfléchir. Il vous donne, au travers d’articles sur les expériences vécues, une dimension de l’application pratique de la prospective.
Savoir ce que l’avenir de l’entreprise et de ses métiers sera dans le futur, mais aussi la physionomie des métiers et des pratiques de la société toute entière, tel est le rôle de la prospective. Nous permettre, à nous DRH, de bâtir nos politiques non seulement sur l’observation du présent mais aussi sur l’orientation, le cap vers lequel l’entreprise doit aller, parce que l’évolution l’y emmène, voilà encore une nécessité de la prospective dans notre quotidien.

L’avenir ne se prévoit pas mais il se prépare, nous dit un de nos auteurs. Le DRH trouve donc, ici aussi, un rôle de guetteur, un rôle de veille pour voir et pour anticiper les changements. Mais c’est un rôle difficile. Il faut se pencher sur ce que sera l’avenir, mais le faire, par définition, dans notre présent. Soit notre présent est florissant et c’est difficile de changer aujourd’hui pour une prévision dont tout le monde dira qu’elle est peut-être aléatoire. Soit notre présent est difficile et là, la prospective s’apparente à un rêve qu’on ne pourra jamais réaliser.
Pour autant, il nous faut bien regarder l’avenir et être celui, à la table du comité de direction, qui exprime le plus la hauteur de vue. Il faut confirmer le cap du navire vers cet avenir qu’on ne connaît pas encore mais que le DRH anticipe ou doit anticiper. Car c’est à nous qu’il revient d’anticiper aussi, à côté de notre responsabilité de gestion du quotidien. Etre à la manœuvre même quand la mer est démontée, en sachant ce qu’il faut faire et avec qui le faire. Etre dans la tempête en pensant déjà à ce que sera l’endroit où nous accosterons, voilà notre métier. Aujourd’hui, c’est plutôt la tempête. Mais malgré elle, des métiers vont disparaître et d’autres vont arriver, les plus âgés vont encore vieillir et partir à la retraite, des jeunes diplômés vont arriver sur le marché et la concurrence des pays à bas coût va s’amplifier.
Après la tempête, il y a aura une mer calme. Le tout, c’est de ne pas sombrer entre-temps et d’aider le capitaine à prendre les bonnes options de pilotage du navire.

Dans ce numéro, vous trouverez également, preuve que le quotidien est très prenant, le cinquième article de la rubrique « Tous comptes faits », cette fois-ci consacré à la gestion optimisée de l’interim. Vous êtes nombreux à plébisciter cette rubrique relativement nouvelle. Elle peut vivre mieux avec des expériences que vous auriez mises en œuvre. N’hésitez pas à les faire partager à nos lecteurs.

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