Février 2008 - N°487
Le médecin du travail... Un vrai partenaire
La visite médicale qui vérifie l’aptitude du salarié à son poste de travail est devenue très importante également par la mise en place des visites médicales d’embauche, qui peuvent se révéler un couperet qu’il est difficile de contourner, et des visites de reprise après une longue absence. Le médecin du travail est donc dans l’entreprise une présence sécurisante, un acteur et un partenaire.
Présence sécurisante parce que le médecin est le « sachant ». Il sait, parce qu’il a étudié des choses sur la santé et on sait bien le côté tabou de la santé, de la maladie ou de la pleine forme. On peut se confier au médecin, soumis au secret médical, on peut lui demander conseil et ce n’est pas neutre que l’on puisse faire ça dans le cadre de l’entreprise, au sujet de ce que l’on vit dans l’entreprise justement. Le médecin du travail est également un acteur de la santé dans l’entreprise. Par construction, il n’est pas un médecin soignant a posteriori mais un médecin de prévention dans le milieu du travail qu’il doit connaître et se faire expliquer pour bien le comprendre.
Il contribue à l’amélioration des conditions de travail et, par là, il atteint son troisième rôle. Il est un partenaire.
Partenaire des représentants du personnel et partenaire de la direction de l’entreprise, dont le rôle, parfois de médiateur, est de faire comprendre aux uns (les salariés) les réalités, les contraintes, les difficultés des postes de travail dans l’entreprise et l’organisation, et aux autres (l’employeur) les problèmes de santé, physique ou psychologique des salariés dans l’exercice de leur fonction.
A cause de ces rôles, le médecin du travail, véritable partenaire social, est aussi un salarié quasi protégé et qui, parfois, il faut bien le reconnaître, n’est pas très impartial et a du mal à être « positivant » ou « relativisant ». Les problèmes liés à l’inaptitude, qui est une déclaration de son ressort, sont une preuve de ce rôle qui, parfois, penche d’un côté plus que de l’autre (un très long article, ce qui n’est pas coutumier, fait d’ailleurs, ce mois-ci, le point sur cette question de l’inaptitude).
Aujourd’hui, concerné par la montée en puissance de l’économie du tertiaire, le médecin du travail doit connaître des risques qui ne sont plus majoritairement physiques mais psychologiques. Il est caractéristique que deux articles précisément dans ce numéro de la revue Personnel, celui sur le whistleblowing et celui sur les technologies mobiles de l’information, soient liés au stress des salariés qui existe dans leurs entreprises.
Le DRH travaille, doit travailler avec le médecin du travail car ils ont tous les deux une vision différente d’une même chose.
Le médecin voit le travail et les salariés au travers de cette réalité de l’aptitude, de la santé. Le DRH, lui, parle d’épanouissement dans le travail, de réalisation de soi, d’implication, de sens, voire d’ascension sociale. Certes, parfois c’est difficile, mais est-ce contournable ? En tout cas, ces deux acteurs sont condamnés à se parler.
Dans ce numéro de Personnel, apparaît, pour la première fois, une nouvelle rubrique « Tous comptes faits » qui parlera de l’aspect économique de notre fonction mais aussi de l’aspect « économie » qui guide souvent nos réflexions. Comment optimiser nos dépenses sociales ? C’est à cette question que nous essaierons d’apporter des réponses.
Par Izy Béhar
Rédacteur en chef