Novembre 2008 - N°494

Les relations professionnelles, une nouvelle donne ?

Les relations professionnelles, une nouvelle donne ?

Sans entrer dans tout le détail, y compris technique, de la nouvelle loi, que vous lirez dans les pages de la revue, il faut saluer ce que cette nouvelle loi apporte, en modifiant la représentativité tant au niveau du renouvellement des personnes que de la valeur du dialogue social.

Que les syndicats doivent démontrer leur capacité, confirmée par les urnes, à désigner comme délégué une personne qui aura reçu des suffrages suffisants, est déjà en soi une vraie révolution. Qui n’a pas connu dans sa carrière de DRH des délégués qui ne faisaient pas honneur à leur syndicat, voire qui faisaient honte à leurs collègues ? Tant de mandats de protection déconnectés complètement de la réalité de l’entreprise sans parler du manque de compétence ou de la piètre qualité professionnelle des personnes désignées. Sans parler également de cette néfaste impunité des délégués syndicaux qui parfois tirent le maximum de la législation.
Si la loi nouvelle permet d’assainir cette représentation des salariés, tout le monde de chaque côté de la table y trouvera son intérêt. L’employeur aura, certes moins d’interlocuteurs, mais ils seront plus impliqués, concernés, responsables. Et c’est le deuxième effet de cette nouvelle loi, sur le dialogue social. Il en sortira renforcé quand il sera aux mains de syndicalistes pouvant prouver qu’ils représentent plus… qu’eux-mêmes ! Les élections sont le jugement suprême par quoi tout sera mis en place. Et les accords d’entreprise pourront s’appliquer, avec plus de facilité, et moins de contentieux, à des populations qui auront choisi ceux qui négocient pour leur compte.
Côté employeur, quel progrès de penser que les négociateurs, en face, parlent au nom et dans l’intérêt de leurs électeurs, et non pas en fonction de leur propre intérêt personnel.

Mais si cette loi est une énorme avancée, elle reste quand même seulement une nouvelle donne des mêmes cartes. Les syndicats sont les mêmes et leur mode de fonctionnement aussi, même s’ils tentent, chacun chez eux, des révolutions qui sont lentes à naître.
Ce n’est pas encore un renouveau, avec des cartes nouvelles. Mais la France en est-elle vraiment capable ? Comme l’évoque Jean-Dominique Simonpoli dans son entretien, en France c’est là qu’il y a le moins de syndicalisés mais le plus de syndicats. Mal français !

Dans ce numéro, somme toute assez juridique, il faudra lire également avec attention l’article sur la pause cigarette dans les entreprises… Sujet qui commence à empoisonner les atmosphères, même des endroits non-fumeurs.

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