Juillet 2009 - N°501

Mesure du climat social : le printemps du DRH

Mesure du climat social : le printemps du DRH

La mesure du climat social est, en effet, aujourd’hui une préoccupation très répandue et les outils qui ont été développés sont nombreux. Au travers du dossier, qui, comme à l’accoutumée, observe le sujet dans toutes ses composantes, vous pourrez aussi vous convaincre de faire ou de ne pas faire une étude, une mesure du climat social dans votre entreprise.

De quoi s’agit-il ? A l’instar de la météo, qui est passée des simples bulletins d’avant, à de véritables émissions de télévision maintenant, générant des pics d’audience quelle que soit la chaîne, peut-être est-on en train d’attacher plus d’importance au thermomètre qu’à la fièvre qu’il mesure ou pas.
La mesure du climat social, l’étude consistant, un jour, dans une entreprise, à s’en préoccuper, les groupes de travail que l’ont met en place, la médiatisation des résultats… tout ceci, c’est, quand on y pense, (à la DRH, en général, on a ce genre d’intuition) que le climat social n’est peut-être pas très bon ou en tout cas moins bon qu’on le voudrait. Prend-on sa température le matin quand on ne se sent pas malade ?
Il n’est pas très étonnant, dès lors, que les résultats de toutes ces enquêtes soient généralement décevants, pour ne pas dire parfois problématiques, exprimant des insatisfactions des équipes sur des sujets sur lesquels bien souvent on ne saurait agir.

Sans même se souvenir de l’étymologie du mot travail en français, le monde de l’entreprise reste vécu comme un monde plutôt hostile ou, en tout cas, difficile, dans lequel les luttes continuent à exister, les individualismes (renforcés d’ailleurs par nos propres systèmes de gestion) s’exacerbent.
Est-il étonnant dans ce contexte que le résultat d’une enquête de climat social ne donne pas souvent lieu à sourire ou à satisfaction ? Dans un monde où, objectivement, il semble difficile de dire que tout va bien, comment en serait-il autrement ?
Bien entendu, le fondement de l’étude du climat social n’est pas contestable. Quand les salariés se sentent bien, ensemble, ils font de plus grandes choses. Avant que toutes ces méthodes sophistiquées n’aient été inventées et médiatisées, la meilleure mesure était l’activité, surtout collective, des comités d’entreprises. Que sont-elles devenues ? Si, pour remplacer la réalité du bon climat qui existait, on se contente aujourd’hui de mesurer seulement le mauvais climat, nous n’avons pas beaucoup avancé. Si on pense que la mesure permet de mettre en œuvre des actions correctrices, c’est bien. Mais alors il faut redouter l’enquête de l’année prochaine, et les résultats qu’elle mettra sur la table.

Le thermomètre ne fait pas la fièvre, il ne guérit pas non plus. Mais si nous prenions notre température toutes les heures, même bien portants, nous verrions des variations inquiétantes… qui nous rendraient finalement malades.

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