Mars 2008 - N°488

Mobilité et parcours professionnel

Mobilité et parcours professionnel

Cet emploi à vie (d’ailleurs certaines caisses de retraite étaient même des caisses d’entreprise) a été et reste encore, pour partie, le modèle de l’Administration. Ce modèle a été très malmené dans le monde de l’entreprise privée, à la fois par les entreprises elles-mêmes et par les salariés. Les entreprises ont vu leur vie devenir bien moins stable et ne sont plus en situation d’offrir une perspective de 41 ans d’activité à une même personne. Les salariés, de leur côté, n’envisagent plus la possibilité de pouvoir rester une telle durée au même endroit, et d’ailleurs ne le voudraient plus.

Très énergiquement, les idées de parcours professionnel et de mobilité tant géographique que fonctionnelle se sont imposées dans la gestion des carrières. Dans ce numéro de Personnel, par différents angles d’appréhension de cette réalité et par des témoignages d’entreprises comme de salariés, il est question de se persuader, s’il en était besoin, que la mobilité, c’est bien ! Mais de quelle mobilité parle-ton au juste ?

On a toujours connu la mobilité géographique, au sens de l’expatriation, où le salarié allait à l’étranger pour représenter l’entreprise. Mais un tel voyage, qui imposait un minimum d’implantation locale, rendait évidemment le retour en France difficile. Cette mobilité géographique ne servait donc pas forcément le salarié dont, pourtant, les qualités d’avant le départ s’étaient normalement améliorées au regard de l’expérience acquise et du choc d’une culture différente. Elle ne servait pas non plus tellement l’entreprise qui, bien souvent, ne savait pas quoi faire du revenant.

Nous fûmes nombreux, les DRH qui avons géré les retours d’expatriation à coup de transactions de départ !

La mobilité fonctionnelle a été bien souvent une mobilité de reconversion, une thérapeutique pour jours de crise, où il faut faire autre chose parce qu’on ne peut plus continuer à faire ce qu’on faisait avant.Ce n’est plus seulement de ces mobilités-là dont on parle mais bien de parcours qui sont une réelle valeur ajoutée dans la construction des capacités, des savoir- faire et des savoir-être.

Ces mobilités peuvent être géographiques dans un univers d’entreprises où le monde tout entier est le territoire et où la prise de conscience des réalités étrangères, des cultures différentes et des efficacités différentes est l’irrigation nécessaire à l’épanouissement des compétences. Ces mobilités sont aussi fonctionnelles dans des univers d’entreprises qui sont en permanente mobilité. Où chacun sait qu’il fera un jour des choses différentes de celles qu’il a étudiées. Où chacun doit pouvoir trouver en lui l’agilité intellectuelle pour s’adapter à une nouvelle activité, dans le nouveau contexte d’une entreprise qui, elle aussi, aura dû s’adapter au changement.

Mais ce n’est pas changer pour changer. Changer d’activité, s’adapter à une nouvelle fonction, considérer que ce parcours fait d’étapes constitue, en fait, un chemin qui conduit à des compétences renforcées pour pouvoir faire toujours plus et toujours mieux, est une conception éloignée des schémas plus anciens, faits de spécialisation jusqu’à la sclérose, et de voie unique dont on ne sort que par déchirement.

Ce n’est pas de l’inconstance mais, dans une métaphore plus bucolique, c’est l’abeille qui fait un miel en butinant plusieurs fleurs, et ce miel c’est cette employabilité dont chacun, finalement, reste responsable. Ce ne sont pas seulement les territoires ou les approches des fonctions qui changent et auxquels il faut s’adapter, ce sont aussi les processus et procédures, les lois et les textes applicables. Et dans notre métier, des lois qui changent le contexte et la situation, il y en a !

Au milieu de tous les articles intéressants de ce numéro, vous en trouverez également deux qui sont moins de réflexion que d’action, mais à l’image de notre métier où il faut, à la fois avoir des idées (souvent pour les autres) et à la fois savoir les mettre en oeuvre.

Un article complet fait le tour de la question du bénéficiaire dans les contrats de prévoyance et un autre article fait un point sur les plans d’attribution d’actions et leurs conséquences au regard des normes comptables applicables.

Par Izy Béhar
Rédacteur en chef

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