Septembre 2010 - N°512
Monétaire ou non-monétaire ?
Si nous prenons l’approche de la rétribution, c’est justement pour introduire dans l’analyse habituelle une dimension qui n’y est pas toujours et qui fait référence à du « non-monétaire » et à de la reconnaissance. Chacun a besoin de renforcer un sentiment qui est, bien sûr, identifié par ceux qui utilisent cette fameuse pyramide que nous connaissons tous. Nous avons besoin, nos collaborateurs aussi, d’être reconnus, appréciés, vus comme utiles ou indispensables, contributifs en tous cas. Et si nous avons tous besoin de reconnaissance, comment se fait-il qu’elle ne soit pas déjà instituée comme un outil de la politique sociale ? Qu’est-ce qui fait que, dans d’autres univers, cela est beaucoup plus que chez nous quelque chose de courant ?
Certes, notre société est plus spontanément « sanctionneuse qu’encourageante »… Et ceci dès l’école. Mais l’entreprise ne devrait-elle pas, justement, contribuer à mettre en place plus systématiquement des outils de reconnaissance qui permettraient aux salariés de se sentir mieux, dans l’entreprise et hors de l’entreprise ? Et de contribuer plus et mieux… pour le plus grand bien de l’entreprise d’ailleurs ! Notre dossier central vous permettra de vous faire une idée plus précise et de pouvoir décliner dans votre entreprise les mesures qui, en aidant à plus de reconnaissance, pourraient diminuer les facteurs de risques psychosociaux et réduire aussi le stress généré par des organisations que, parfois, on comprend mal et dans lesquelles le sentiment d’inutilité l’emporte sur la réelle importance de chacun. La rétribution globale est donc bien un ensemble constitué de la rémunération monétaire et non-monétaire, à court terme et à long terme, des outils de rémunération différée et aussi de ce qui est entendu par la reconnaissance.
N’est-ce pas le bon moment pour avoir cette préoccupation dans l'univers accéléré des entreprises et dans un monde où les horizons de temps ne sont plus ceux d'avant ? On ne peut plus motiver un « talent » recruté aujourd’hui uniquement avec une espérance de retraite, fût-elle à prestation définie. Nos outils traditionnels doivent être revisités. Un sujet, global lui aussi, qui participe de nos préoccupations quotidiennes.
Izy Béhar
Rédacteur en Chef