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Le grand oral des équipes de campagne face aux alternants

Le grand oral des équipes de campagne face aux alternants

Le 7 mars, à l’occasion de la présentation des « propositions citoyennes » des alternants de l’IGS et de l’Anaf (Association nationale des apprentis de France) aux candidats à la présidentielle, les équipes de campagne des principaux candidats ont présenté les propositions de leur champion en matière de promotion de l’alternance et de l’apprentissage. Oui, la promotion de l’alternance et de l’apprentissage figure toujours à l’arsenal anti-chômage des jeunes des candidats à l’élection présidentielle de 2017. Gauche, droite ou centre : aucun programme politique ne fait l’impasse sur cette voie d’insertion des jeunes dans l’emploi et chacun y va de ses recettes. Tour d’horizon.

Auteur : Benjamin d’Alguerre

des « propositions citoyennes » des alternants de l’IGS et de l’Anaf (Association nationale des apprentis de France) aux candidats à la présidentielle, les équipes de campagne des principaux candidats ont présenté les propositions de leur champion en matière de promotion de l’alternance et de l’apprentissage. Oui, la promotion de l’alternance et de l’apprentissage figure toujours à l’arsenal anti-chômage des jeunes des candidats à l’élection présidentielle de 2017. Gauche, droite ou centre : aucun programme politique ne fait l’impasse sur cette voie d’insertion des jeunes dans l’emploi et chacun y va de ses recettes. Tour d’horizon.

Emmanuel Macron : impliquer les branches dans la construction des formations

Chez Emmanuel Macron, on imagine une implication approfondie des branches professionnelles et des entreprises dans la conception pédagogique des formations accessibles par alternance, sur le modèle de ce que préconise le Medef (  lire). Ce n’est d’ailleurs pas le seul point de congruence puisque le candidat d’En Marche ! propose de rendre obligatoire la publication des taux d’insertion dans l’emploi pour toutes les filières proposant des cursus en alternance. « C’est une question de transparence pour les jeunes et leurs parents : ils doivent connaître les débouchés qu’offre une formation », expliquait Frédérique Dumas, la représentante d’En Marche !

Benoît Hamon : pas de primes à l’embauche, mais des contreparties au CICE

Du côté de Benoît Hamon, on mise aussi sur l’alternance, mais hors de question de se fixer des objectifs chiffrés sur la durée du quinquennat. Au lieu de cela, on recommande que les jeunes soient davantage informés sur l’existence des cursus en apprentissage et en alternance lors de l’orientation scolaire. « Pour cela, il ne faut pas laisser l’orientation aux seuls CIO mais développer les services publics régionaux d’orientation et amplifier leur portée », assure Hella Kribi-Romdhane, ancienne vice-présidente du Conseil régional d’Ile-de-France en charge de la formation et porte-parole de la campagne du candidat Hamon. Le candidat socialiste, en revanche, n’entend pas renouer avec la politique des primes à l’embauche d’apprentis. « À la place, il pourrait être envisageable d’imposer aux entreprises des contreparties en termes d’accueil des alternants en échange des déductions fiscales accordées au titre du CICE », avance l’ancienne élue. En 2014 et 2015, déjà, des négociations de branches relatives à de telles contreparties avaient été encouragées par le gouvernement.

Jean-Luc Mélenchon : une grande filière polytechnique de l’enseignement professionnel et de la formation continue

« La promotion gouvernementale de l’alternance a trop longtemps servi d’alibi à une baisse statistique des chiffres du chômage », estime-t-on chez Jean-Luc Mélenchon. Si le candidat de la France insoumise entend « redonner ses lettres de noblesse » à l’apprentissage, il n’envisage pas de passer par un système de primes à l’embauche. « Ce que nous préconisons, la création d’une grande filière polytechnique qui regrouperait tout le spectre de l’enseignement professionnel et de la formation continue, du CAP au DUT en passant par les grandes écoles techniques, la formation professionnelle et la VAE », explique François Cocq, élu de Champigny-sur-Marne et porte-parole de Jean-Luc Mélenchon. Un dispositif qui permettrait de « fluidifier les parcours » et de créer des passerelles entre les cursus de formation.

Nicolas Dupont-Aignan : faciliter l’accès aux marchés publics aux entreprises exemplaires sur l’alternance

À droite, on fait confiance aux chefs d’entreprise pour favoriser les recrutements en alternance ou en apprentissage. « Qu’on fiche la paix aux employeurs d’apprentis ! », plaide Alexis Villepelet, le représentant de Nicolas Dupont-Aignan. Pour Debout la France !, le succès des politiques de promotion de l’apprentissage passent essentiellement par une simplification des contraintes pesant sur les employeurs, ainsi que sur une politique de labellisation des PME employeuses d’apprentis. Celles-ci bénéficieraient, en cas de bon comportement, d’un accès facilité aux marchés publics.

François Fillon : assouplir les ruptures de contrat

Les Républicains, pour leur part, misent sur un rapprochement des établissements d’enseignement professionnel et des CFA, placés sous la tutelle des Conseils régionaux ou des branches professionnelles comme l’expliquait François Fillon le 6 mars face aux patrons de petites et moyennes entreprises (  lire). On ne s’interdit cependant pas de réfléchir à un assouplissement des conditions d’accès à l’apprentissage (en faisant sauter le plafond de 26 ans, âge limite de la signature d’un contrat)… mais aussi de sortie. « Il faut permettre aux entreprises et aux apprentis de pouvoir rompre plus facilement leurs contrats », décrypte David-Xavier Weiss, élu de Levallois-Perret et représentant de François Fillon.

Article publié avec l'aimable autorisation du  Quotidien de la formation


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