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Allemagne : nouvelle flexibilité du travail, offensive pour la formation continue, la ministre du travail détaille ses projets de réforme pour relever le défi de la transformation numérique

Allemagne : nouvelle flexibilité du travail, offensive pour la formation continue, la ministre du travail détaille ses projets de réforme pour relever le défi de la transformation numérique

Un an et demi après avoir donné le coup d’envoi d’un « dialogue national » sur l’avenir du travail à l’ère du numérique, la ministre des Affaires sociales et du Travail, Andrea Nahles a présenté, lors d’une conférence le 29 novembre à Berlin, son projet de « Livre blanc Travail 4.0 » qui reprend les conclusions de cette vaste consultation et détaille ses propres solutions. La ministre social-démocrate propose ainsi entre autres d’assouplir la loi sur le temps de travail, à titre expérimental et sur deux ans, afin de répondre aux souhaits des entreprises et des salariés en terme de flexibilité. La ministre entend par ailleurs lancer une offensive en faveur de la formation continue et élargir pour ce faire les compétences des Agences pour l’emploi qui seraient chargées de conseiller tous les salariés sur les formations à suivre. La ministre va à présent soumettre son Livre blanc à l’approbation du gouvernement. 

Un article de notre partenaire Planet Labor

200 experts consultés, 12 000 citoyens impliqués, de nombreux ateliers et conférences thématiques, plus de 50 positions des fédérations patronales, syndicales et autres organisations analysées et en partie intégrées dans un  Livre blanc de 234 pages : Andrea Nahles s’est dit impressionnée par le succès rencontré par le débat national initié en avril 2015 sur l’impact de la digitalisation sur le monde du travail. 

Tirant les conclusions de ces travaux, la ministre a présenté différents projets, dont un projet de loi sur le « temps de travail choisi » (Wahlarbeitzeitgesetz) qui offrirait aux salariés une plus grande flexibilité en terme de lieu et de temps de travail. Cette loi permettrait également aux entreprises de s’écarter, à titre expérimental et sur une période limitée à deux ans, de la Loi sur le temps de travail, mais uniquement dans le cadre d’un accord collectif négocié par les partenaires sociaux. Par ailleurs, la ministre entend introduire un « droit d’examen » des demandes des salariés qui souhaiteraient par exemple commencer une heure plus tard le matin pour amener leur enfant à l’école. En cas de refus, les entreprises devraient justifier leur décision.

Andrea Nahles entend également lancer une offensive nationale en faveur de la formation continue. Cherchant à rassurer les citoyens, elle a réfuté la thèse de la « fin du travail » induite par la digitalisation et l’apparition de robots de plus en plus sophistiqués. Il s’agit d’un « débat fantôme » et de « scénarios catastrophes exagérés », a-t-elle indiqué. En revanche, la transformation numérique va bel et bien conduire à un « changement structurel » de grande ampleur qui aura un impact sur des secteurs et métiers spécifiques, notamment dans le commerce et la logistique. « 12 % des emplois devraient être automatisés en Allemagne », a averti la ministre, citant notamment les caissiers remplacés de plus en plus par des caisses automatiques. « Nous devons pouvoir leur offrir très tôt une alternative professionnelle. » Pour ce faire, Andrea Nahles souhaite confier aux agences pour l’emploi de nouvelles prérogatives. Celles-ci devraient jouer un rôle de conseiller auprès des salariés en matière de formation continue. Ce projet a déjà été testé dans cinq agences. Par ailleurs, la ministre entend doter chaque citoyen en début de carrière d’un « compte personnel d’activité » qui lui permettrait de financer une formation continue ou de prendre un congé pour des raisons familiales. « A terme, je voudrais introduire un droit à la formation continue », a conclu la ministre.

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