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Université 2016 - RH, Temps des ruptures ou rupture des temps ?

Université 2016 - RH, Temps des ruptures ou rupture des temps ?

Extrait d'un article d'Alice ZAGURY

Tous entrepreneurs ? Par pitié, non.

Oui, la quête de sens prend le pas sur le besoin de sécurité, l’attrait pour l’expérience a dépassé celui pour la propriété et le désir de responsabilisation est plus fort que la recherche de prestige. Pour autant, sommes-nous tous faits pour monter une startup ? Non.

Franchement non et franchement tant mieux. Ils sont fous ces entrepreneurs. Ils sacrifient tout. Obsessionnels, ils ne parlent que de leurs “data”. Ils n’ont jamais le temps pour boire un verre, encore moins pour aller au ciné. C’est à peine s’ils trouvent un moment pour appeler leur grand-mère. Et pour en avoir le cœur net, demandez à leur conjoint(e) ce qu’il ou elle pense de leur startup…

Heureusement, il y a des gens sur qui on peut compter. Des gens qui désapprouvent le statu quo et prônent l’action : ils adhèrent à une vision du monde et lui prêtent main forte pour la concrétiser. Ils ne sont pas là pour jouer les héros, ni mettre en péril leur équilibre personnel. Ils espèrent rejoindre un mouvement, soutenir une cause, gagner en expérience, s’enrichir au contact des autres, se dépasser et pousser encore plus loin la réussite de la startup. Pour eux, l’ambiance compte plus que le salaire, parce que la liberté n’a pas de prix. #Punchline.

Blague à part, c’est vrai. Et d’ailleurs, on gagne très bien sa vie dans une startup parce qu’elle reconnaît la valeur d’un salarié à la lumière de ses résultats — plutôt qu’à l’ombre de milliers d’autres employés des grandes entreprises, contraints de jouer des coudes ou faire de la politique. 

Le bonheur non plus n’a pas de prix. Ce n’est tant pas le fait de laisser son costard au placard qui rend heureux, c’est le fait de venir travailler en étant SOI-MÊME. Parce que dans une startup, toutes les facettes de l’individu comptent, de sa passion pour l’escalade à la musique qu’il écoute, un salarié puise dans toutes ses ressources personnelles pour faire preuve de CREATIVITÉ.

Bref, l’attraction des startups est un phénomène qui ne fait que commencer. Seulement voilà, cet objet de désir reste méconnu, on ne sait pas ce qu’est une startup, on ne l’étudie nulle part. 

Alors, comment choisir la startup dans laquelle on veut travailler ? Comment faire la différence entre une bande de copains qui fonce droit dans le mur et une bande copains va décrocher la lune ? Comment distinguer le storytelling de la réalité au quotidien ? À la différence d’un entrepreneur, un employé de startup doit regarder et être capable de juger la compétition dans le secteur qui l’attire. Pour apprécier une startup, il faut savoir capter les signes qui l’approuvent — et il ne s’agit pas du nombre d’articles de presse, ni de la quantité de prix remportés à des concours, encore moins du nombre de mentors à son board.

Ensuite, si ce n’est pas l’envie qui manque de postuler, c’est le sentiment d’illégitimité qui l’empêche. Quand on n’a pas eu d’expérience conséquente dans une startup — une vraie (startup = croissance), comment se présenter, comment savoir à quel poste on trouvera sa place, comment prouver qu’on peut apporter de la valeur à cette structure ?

Enfin, quand bien même on aurait une connaissance fine de cet environnement, personne ne connait les cas concrets qui font la réussite des startups locales. Tout simplement parce que ces équipes exécutent plus vite que leur ombre et qu’aucune école ne peut adapter sa pédagogie à un tel rythme. Pourquoi ne voit-on pas les CEO de Captain Train, Save.co ou Algolia donner des cours — et je ne parle pas de “témoignages”, dans les masters d’entrepreneuriat et MBA des Grandes Ecoles ? Parce que la jeunesse de ces entreprises ne leur confère pas le droit à devenir des “cas d’étude”. Leurs chiffres, pourtant, sont bien le signe qu’ils sont les acteurs de la croissance économique actuelle. 

Alice Zagury est co-fondatrice de TheFamily, une société privée d'investissement "disruptive" qui investit au capital des startups et les accompagne en leur proposant des formations et des outils adaptés.

Poursuivez le débat lors de  l'Université avec la rencontre entre "L’Entrepreneur et le DRH" :  Denis JACQUET (Entrepreneur, Parrainer la Croissance, EDUFACTORY, cofondateur de l'Observatoire de l’ubérisation) et  Benoit SERRE(DGA- RH du groupe MACIF, Vice-président de l’ANDRH) s’interrogeront sur la réalité de l’«entrepreneuriat», de l’« ubérisation » et de la « digitalisation » qui monopolisent l’actualité médiatique.


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