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Séminaire sur Le travail et l'entreprise à l'épreuve de la financiarisation de l'économie

Séminaire sur Le travail et l'entreprise à l'épreuve de la financiarisation de l'économie

« Remettre l’entreprise au travail…» 

Olivier FAVEREAU - Professeur, Collège des Bernardins, Université Paris-Ouest-Nanterre-La Défense - dans un rapport sur « l’impact de la financiarisation de l’économie sur les entreprises et plus particulièrement sur les relations du travail » rédigé avec le soutien financier du Bureau International du Travail propose 3 scénarii pour sortir de la financiarisation et de la marchandisation sans retenue de la finance et du travail qu’il considère insoutenables (cf. crise financière dite « des subprimes » et crise du travail de 1929).

Sur une période de recherche qui s’étend des chocs pétroliers (1973 et 1978) jusqu’à aujourd'hui, Oliver Favereau utilise la technique des faits stylisés (les plus consensuels possibles) et fait le lien entre une série de constats sur la financiarisation et l’évolution observée des entreprises et des relations de travail.

Des constats sur la financiarisation parmi lesquels on trouve : le changement d’échelle du système financier par rapport à l’économie réelle, la déréglementation et la dérégulation, l’élargissement du champ de spéculation, l’exigence de rentabilité accrue, la privatisation du financement des déficits publics, une économie réelle forcée à s’installer dans une vision de plus en plus « courtermiste », et une tendance paradoxale : « le système financier rapporte moins d’argent à l’économie réelle qu’il ne lui en retire ».

Au niveau des entreprises, des salariés et des relations de travail, il relève une dégradation à plusieurs niveaux : perte d’indépendance des managers par rapport aux actionnaires, perte de sens du travail pour une grande partie des salariés, perte de pouvoir de pilotage macroéconomique pour les Etats, accroissement des inégalités de revenus intra-nationales et « report du risque d’entreprise sur le salarié contraire à l’esprit du contrat de travail ».

"D’un côté, il y a eu (tendance à une) marchandisation de la finance ; de l’autre, il y a eu (tendance à une) marchandisation du travail salarié."

Sur la base de ces faits stylisés et d’un diagnostic détaillé, Olivier Favereau présente le « néo-libéralisme » comme une fractale à trois échelles : macroéconomique – l’économie réelle est gouvernée par le système financier ; mésoéconomique – l’entreprise est gouvernée par la société de capitaux ; microéconomique – la personne est gouvernée par l’homo economicus (individu parfaitement rationnel).

Et il propose 3 issues possibles à la marchandisation du Travail et de la Finance – deux marchandises qui ne sont intrinsèquement pas authentiques puisqu’elles ne sont pas produites pour être vendues. Cette observation s’applique également à la Nature.

Scénario 1 : retour au Fordisme et rejet total du pouvoir de la finance.

Scénario 2 : acceptation voire accélération du processus dans une logique assumée de marchandisation complète des entreprises.

Scénario 3 : reprise progressive du contrôle de la sphère financière par le politique, reconstruction et démocratisation de la gouvernance des entreprises avec une représentation équilibrée - actionnaires, salariés - aux conseils d’administration et de surveillance.

Finalement, Olivier Favereau préconise la mise en œuvre du scénario 3 - les deux autres étant fragiles, peu réalistes et risqués - qui permettrait de redonner sa place au travail dans l’entreprise : la première. 

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