Personnel, la revue de l’ANDRH

Les DRH face aux nouvelles formes d’emploi | Personnel n°601

Les DRH face aux nouvelles formes d’emploi | Personnel n°601

L’ANDRH Franche-Comté a organisé une conférence-débat avec Laurent Grandguillaume, président de l’association Territoire zéro chômeur de longue durée et vice-président de la Fondation Travailler autrement.

Retour sur cet événement avec Nicolas Combes, président du groupe ANDRH Franche-Comté et DGA de la Saline royale d’Arc-et-Senans. Celui qui précise avoir trouvé à l’ANDRH « un vrai creuset pour la réflexion » revient pour Personnel sur les messages clés de cette rencontre et les projets menés au sein de sa structure.


Propos recueillis par Anaïs Coulon, ANDRH

Personnel_.png>> Extrait du numéro de janvier-février 2020 de Personnel, la revue de l'ANDRH. Retrouvez le numéro entier dans sa version enrichie, Personnel +, sur votre espace abonné. 


Pourquoi avoir organisé cette conférence-débat sur les évolutions de l’emploi ?

Nicolas Combes : En organisant la conférence-débat « Mutations de l’emploi, nouvelles solutions, nouveaux acteurs », nous avions un double objectif. Tout d’abord, contribuer à la réflexion et au débat public sur ce que l’innovation sociale peut apporter à la création d’emploi. C’était aussi l’occasion pour notre groupe ANDRH de favoriser les échanges et d’élargir notre audience sur notre territoire. Nous avons ainsi invité à cet événement les professionnels de l’emploi, de l’insertion et des responsables publics. Typiquement, ces débats et thématiques renforcent ma conviction que la fonction RH a un rôle déterminant à jouer dans la performance sociale et économique des entreprises.

« Les phénomènes de multi-activité, l’émergence des situations de double statut (indépendants et salariés par exemple), préfigurent les formes d’activités rémunérées de demain. »

Que retenez-vous de cette conférence en tant que professionnel RH ?

N. C. : Les propos de Laurent Grandguillaume, vice-président de la Fondation Travailler autrement, m’ont éclairé sur la diversité des formes d'entrepreneuriat, les opportunités et les risques de la relation entre les travailleurs indépendants et les entreprises. De plus en plus de collaborateurs, et notamment les cadres, aspirent à plus d’autonomie et d’indépendance dans leurs activités professionnelles. Ils développent ainsi une multi-activité, facilitée par la révolution numérique et les nouvelles technologies, parfois de manière nomade. Les phénomènes de multi-activité, l’émergence des situations de double statut (indépendants et salariés par exemple), préfigurent les formes d’activités rémunérées de demain. En tant que RH, nous devons de mieux prendre en compte les attentes de nos collaborateurs et les opportunités qu’elles représentent pour faire évoluer notre vivier de talents, afin d’offrir de nouvelles perspectives aux salariés dans leur parcours. Beaucoup d’entreprises sont en réalité déjà concernées et comptent, par exemple, en leur sein, des salariés avec plusieurs casquettes. Aujourd’hui, certains ont aussi à manager des équipes hybrides, composées de salariés et d’indépendants. Nous aurons de plus en plus à gérer ces situations en « multi-statuts ».

Qu’en est-il dans votre structure ?

N. C. : À la Saline royale d’Arc-et-Senans, comme à la Gaîté Lyrique à l’époque, nous intégrons dans nos équipes, en fonction des projets, des indépendants ayant des compétences spécialisées, essentielles à nos projets de développement (par exemple, dans les projets paysagers ou dans la conception d’expositions). Ils restent, bien sûr, prestataires de services, mais nous savons également que la réussite de nos projets repose sur leur appropriation par les équipes, la coopération et le partage d’une vision commune. Il s’agit d’un projet de long terme qui nécessite que chacun s’en sente responsable et se sente appartenir à un collectif. Ainsi, nous associons les indépendants avec qui nous travaillons sur des projets spécifiques lors des journées d’intégration ou d’événements conviviaux rassemblant nos équipes, et nous faisons apparaître les statuts de chacun dans l’organigramme.

 « Ces nouvelles formes d’emploi font bouger les lignes et nous permettent de répondre favorablement à nos collaborateurs souhaitant se diversifier et développer de nouvelles compétences en tant qu’indépendants. »

L’émergence de ces nouvelles formes d’emploi concerne-elle déjà vos salariés ?

N. C. : Ces nouvelles formes d’emploi offrent des perspectives d’évolution professionnelle intéressantes pour nos salariés. En tant que professionnels RH, nous avons, pendant longtemps, pensé les parcours d’évolution comme des parcours purement « salariés ». Ces nouvelles formes d’emploi font bouger les lignes et nous permettent de répondre favorablement à nos collaborateurs souhaitant se diversifier et développer de nouvelles compétences en tant qu’indépendants, dans ou en dehors de l’entreprise. Dans ma structure, cinq collaborateurs ont fait une demande en ce sens. Ils peuvent ainsi exprimer leur expertise en tant qu’indépendants sur d’autres projets, et cela enrichit leur pratique professionnelle. C’est un dispositif gagnant-gagnant. À condition que cela ne précarise pas nos salariés. C’est un outil de rétention des talents qui permet une plus grande autonomie et un plus grand épanouissement.


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