En IAG « grand public » :
- Claude : C’est aujourd’hui l’IAG la plus convaincante pour mes usages. Elle est particulièrement efficace sur l’analyse, la reformulation et la structuration des idées. Et, en ce moment, elle n’est pas associée aux polémiques qui entourent ChatGPT et OpenAI, notamment sur les usages que des États peuvent en faire
- Mistral : Un choix aussi politique que pragmatique. Mistral est français, les données sont hébergées en Europe, et le niveau de performance est clairement au rendez‑vous. Un modèle très solide, en particulier pour les usages RH liés à la production de contenus textuels.
- NotebookLM (Google): Un outil particulièrement efficace pour travailler sur des documents volumineux. NotebookLM permet de décrypter rapidement de gros dossiers, d’en extraire les points clés et de les transformer en formats plus accessibles : infographies, présentations, vidéos ou podcasts.
Pour autant, hors travaux d’analyse approfondis, l’IAG reste un usage ponctuel. L’essentiel du travail est fait « à la main », pour mieux comprendre, assimiler et mémoriser. L’IA intervient ensuite comme un appui : challenger une production, clarifier une structure, maquetter une idée pour la rendre plus lisible.
- Deux projets à fort potentiel à horizon 2026 :
Deux pistes retiennent particulièrement l’attention pour les mois à venir :
- La première concerne la création d’agents autonomes, à partir de Claude et de Mistral. Des IA capables d’enchaîner des tâches, de prendre des décisions simples et d’agir de manière semi‑indépendante, avec un potentiel important sur l’organisation du travail intellectuel.
- La seconde va encore plus loin : donner à l’IA le contrôle direct de l’ordinateur, via des solutions comme Claude Work. L’IA peut alors exécuter des actions directement dans les outils, y compris bureautiques, sans passer par une succession de prompts. Une évolution majeure, puisqu’elle ouvre la voie à la délégation d’une grande partie de des tâches réalisées aujourd’hui sur un poste de travail. Avec, en contrepartie, de vraies questions à adresser sur la sécurité et le contrôle de ces usages, un domaine donc réservé aux avertis.
Les outils « IA du quotidien » :
Pour les réunions, mais aussi pour des moments clés comme les entretiens de recrutement, les entretiens annuels ou professionnels, des outils de transcription et de compte rendu changent déjà la donne.
Noota fait partie de ceux‑là : il permet de se concentrer pleinement sur l’échange, sans passer la rencontre à prendre des notes, tout en produisant une synthèse utile pour les deux parties ; pas uniquement pour l’employeur. Toute la donnée est structurée, formalisée et exploitable plus tard, avec ou sans IA. Et ce n’est qu’un exemple : de nombreux outils proposent aujourd’hui ce type de fonctionnalités.
Outils RH repérés : une sélection de coups de cœur :
Cette liste n’a rien d’exhaustif, mais elle illustre bien la diversité des usages RH de l’IA aujourd’hui.
- Dust
De plus en plus cité par les équipes RH, Dust permet de créer des assistants conversationnels sécurisés et personnalisés. Facile à prendre en main, solution française, elle est déjà utilisée pour des cas concrets de support collaborateur, notamment chez Dailymotion, Alan, Doctolib ou encore Semble.
- Omogen
Omogen s’appuie sur l’IA vocale pour la préqualification des candidats. Une approche qui peut susciter des réserves… mais dont les résultats interpellent :
- 81 % des candidats vont au bout de l’appel ;
- Seuls 5 % demandent à parler à un humain, et le taux de conversion après préqualification atteint 85 %, contre 20 à 35 % en pré-qualification manuelle.
- Jusqu’à 300 appels peuvent être passés par heure.
Des chiffres communiqués par Omogen qui témoignent d’une acceptabilité réelle de l’IA vocale en recrutement, malgré les a priori. Avec un bénéfice clé : l’ensemble des données est directement structuré et mis à jour dans l’ATS.
- Blify
Blify propose de la mise en situation managériale via une IA vocale. C’est précisément ce que la formation digitale n’a jamais vraiment réussi à faire pendant des années : permettre de s’entraîner en conditions quasi réelles, dans des situations de travail personnalisées, adaptées au contexte de chacun.
- PerformanSe
Ici, l’IA n’est pas utilisée pour évaluer, le digital suffit largement, mais pour mieux comprendre les résultats d’une évaluation. L’utilisateur échange avec une IAG pour approfondir certains points, obtenir des exemples concrets et personnalisés, identifier des situations où capitaliser sur ses points forts ou définir des actions précises sur ses axes d’amélioration.
- QuickMS
Une solution de data RH qui permet de créer et d’analyser ses KPI en langage naturel. L’outil génère des indicateurs sans passer par des manipulations manuelles complexes. Par exemple : demander les effectifs ETP à une date donnée, par genre, fait émerger plusieurs KPI possibles. L’utilisateur choisit, affine grâce aux questions posées par l’IA, et si le KPI n’existe pas, l’outil propose de le créer : le code est généré, la requête SQL produite, de manière transparente.
- PayFit
Avec un chatbot avancé, PayFit permet de poser des questions très concrètes et personnalisées sur la situation d’un salarié — par exemple un oubli de prime variable sur plusieurs trimestres — et d’être guidé pas à pas pour corriger la situation directement dans l’outil.
Ces solutions ne sont que quelques exemples parmi beaucoup d’autres. Le marché des outils RH évolue très rapidement, et l’IA y joue désormais un rôle structurant, loin des promesses abstraites, au cœur des usages opérationnels.