Communiqué de presse
L'ANDRH alerte sur des entreprises qui préfèrent l'IA à l'emploi des jeunes générations
Deux tiers des entreprises ont déjà déployé l'IA générative auprès de leurs collaborateurs, mais à peine une sur dix estime que ses équipes la maîtrisent réellement, et seulement 12 % ont formalisé un programme de formation dédié aux jeunes collaborateurs. C'est ce que révèle l'enquête « IA & jeunes générations » de l'ANDRH, menée auprès de 220 professionnels RH, dont 93 % de professionnels RH en activité et 75 % de DRH ou RRH, issus d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs.
Un déploiement massif mais une appropriation encore fragile
L'IA générative a franchi un cap : 63 % des entreprises l'ont déjà déployée auprès de leurs collaborateurs, de manière généralisée (37 %) ou ciblée (26 %), et 20 % supplémentaires sont en phase pilote. La technologie n'est donc plus un sujet de demain, mais une réalité opérationnelle pour la grande majorité des organisations.
Mais cette diffusion rapide ne s'accompagne pas d'une maîtrise équivalente. Seuls 8 % des répondants jugent que leurs équipes exploitent efficacement ces outils ; 59 % décrivent des usages « encore hétérogènes », et 26 % constatent que les outils sont disponibles mais peu ou mal utilisés. Plus révélateur encore : seules 12 % des entreprises ont formalisé un programme de formation à l'IA spécifiquement destiné à leurs jeunes collaborateurs, et 58 % n'envisagent même pas d'en construire un à court terme. L'ANDRH y voit un signal clair : le sujet n'est plus celui de l'accès à la technologie, mais celui de la structuration de son usage.
Les postes d'entrée s'érodent en silence, sans être repensés
L'enquête révèle un phénomène plus feutré qu'une vague de suppressions de postes, mais potentiellement tout aussi lourd de conséquences : l'évolution discrète des tâches confiées aux jeunes talents, sans qu'un nouveau modèle vienne les remplacer. Un tiers des répondants (34 %) observe déjà une évolution du contenu des missions confiées aux stagiaires, alternants et jeunes recrues, dont 9 % évoquant même une diminution significative des tâches d'exécution.
Or, face à cette mutation, les entreprises n'ont pour la plupart pas engagé de refonte des parcours : 41 % déclarent ne pas avoir encore redéfini ces parcours, et 33 % ne remplacent tout simplement pas les tâches disparues. Les initiatives existantes restent minoritaires : formation à l'usage responsable de l'IA (25 %), renforcement du mentorat (22 %), projets d'analyse critique des outputs (18 %). Sur le volet recrutement, la stabilité globale masque un frémissement à surveiller : si 66 % des entreprises maintiennent leurs volumes de juniors et alternants, près d'une sur quatre (23 %) envisage déjà de les réduire ou les a réduits, et autant y réfléchit sans avoir tranché.
Une conviction : l'enjeu n'est pas la technologie, c'est son cadre de déploiement
Le sentiment des jeunes collaborateurs eux-mêmes contredit l'idée d'un rejet de l'IA : 66 % des répondants rapportent un enthousiasme dominant au sein de leurs équipes juniors. Mais cette adhésion cohabite avec une inquiétude bien réelle : 28 % des répondants notent une crainte pour leur employabilité, et 15 % une pression de performance accrue. Loin d'un choix binaire entre attrait et défiance, c'est une génération qui s'approprie l'outil tout en questionnant sa place dans un marché du travail en mutation.
Autre angle mort identifié par l'enquête : la transmission intergénérationnelle des savoirs. Pour 45 % des entreprises, cette question n'est pas encore identifiée comme prioritaire, alors même que 26 % constatent déjà une raréfaction des moments d'apprentissage informels entre générations. Un sujet qui, selon l'ANDRH, mérite d'être anticipé avant de devenir un point de rupture silencieux dans la formation des futurs cadres.
« Cette enquête nous rappelle une responsabilité collective : celle de ne pas laisser l'IA se substituer à l'entrée des jeunes dans le monde du travail. Ce n'est pas un sujet réservé aux RH, c'est un choix de société qui engage les entreprises, les managers et les pouvoirs publics. Ensemble, nous devons construire des parcours qui permettent aux jeunes générations de trouver leur place aux côtés de l'IA, et non à sa place », déclare Audrey Richard, Présidente de l'ANDRH.
Méthodologie
Enquête menée par l'ANDRH auprès de ses adhérents entre le 25 juin 2026 et le 31 juillet 2026. 220 répondants, professionnels RH d'entreprises de toutes tailles et de tous secteurs d'activité en France.
L’ANDRH, acteur de référence dans le débat RH
ASSOCIATION LOI 1901, CRÉÉE EN 1947, L’ANDRH EST LA PLUS GRANDE COMMUNAUTÉ DE PROFESSIONNELS DES RESSOURCES HUMAINES EN FRANCE.
Créée en 1947, l’ANDRH est une association loi 1901 au service des professionnels des ressources humaines représentant les entreprises et organisations de tous secteurs d’activité et de toutes tailles, publiques et privées, nationales et internationales. Avec plus de 6 315 membres, organisée en 64 groupes locaux, elle est la plus grande communauté de professionnels des ressources humaines en France. Depuis sa création, l’ANDRH anticipe et accompagne l’évolution des métiers des ressources humaines et est devenue, au fil des années, la communauté de référence dans le débat RH.
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