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Quels types de management pour une performance durable ?

Quel type de manager êtes-vous ? Germe a lancé en 2017 en partenariat avec l'ANDRH l'enquête « Manager de demain » sur l’évolution des compétences managériales en 2030. 8 profils types de managers en 2030 ont été identifiés à l’issue d'un travail collaboratif réalisé auprès de 850 managers. A cette occasion, Jean-Luc Guillou, délégué général de Germe répond à nos questions !
Sommaire

Propos recueillis par Cindy Franc

Germe propose 8 profils de manager en 2030, pouvez-vous nous les présenter ?

Jean-Luc Guillou : Les huit profils ont été établis à partir de scénarii prospectifs combinant 13 moteurs d’évolution qui impactent les organisations : management, technologie, financier… repérés à partir de notre réseau Germe : 

  • L’impulseur agile : ce manager privilégie un environnement où règne l’agilité, il assume son leadership et ses responsabilités. Il apprend de ses erreurs et privilégie un fonctionnement par essai. La concertation et la construction avec ses équipes est son cheval de bataille ! Il ne cultive pas l’appartenance et privilégie l’auto organisation. Son environnement est fluctuant.
  • Le capitaine de croisière : ce manager fonctionne dans un environnement très centré sur la notion d’ambassadeur. L’image qui compte à ses yeux est le « welcome corporate ». L’une de ses priorités : la recherche du développement de la culture maison chez ses collaborateurs, c’est le roi de la communication !
  • L’arbitre Excel : ce manager travaille au sein d’un environnement secret : une organisation très hiérarchisée où domine la culture des résultats. La motivation de ses équipes, la créativité est faible et l’engagement peu présent...
  • Le sprinter compulsif : ce manager évolue au sein d’un univers où est favorisé la production d’idées, l’organisation est complexe, les responsabilités multiples. Souvent débordé, il favorise la prise d’initiative mais n’a pas de vision globale. Les équipes sont souvent en suractivité et le manager en surcharge de travail.
  • Zen psy poule : ce manager travaille au sein d’un environnement cocooning, la hiérarchie est peu présente. Ses croyances et son implication portent sur le bien-être au travail, la proximité entre ses collaborateurs est importante. Le sentiment d'appartenance est fort.
  • Manager stricto soucieux : ce manager évolue au sein d’une organisation doté un système hiérarchique dit traditionnel. Il rencontre souvent des problèmes de recrutement, de démotivation de ses équipes, il manque souvent de compétences. Ses impératifs de rentabilité sont à court terme, il manque de vision.
  • Manager pépiniériste 5.0 : ce manager est rassembleur : comme les abeilles il pollinise ! Il est intra-preneur et favorise l'éclosion de talent. C’est un manager connecté toujours en veille, sa ruche est active… Il veille en permanence. Il prône le do it by yourself. Ses collaborateurs sont auto stimulés par l'esprit d'entreprendre.
  • Business collecteur : ce manager exerce au sein d’un environnement global, pas de notion de territorialité, son objectif : développer du business comme une start up, ou un e-commerce. Son environnement de travail est propice à l’activation de réseau, aux échanges.

Quelles profils de manager développent des pratiques collaboratives ?

J-L G. : Le profil de manager qui développe de plus en plus de pratiques collaboratives est celui qui va privilégier des coopérations ouvertes internes et externes à l’entreprise. Il est doté d’une forte culture projet et s’empare des techniques agiles, de mouvement informatique proche du hackaton ou du world café. En somme tout ce qui est productif !

"Les tendances en matière de pratiques collaboratives tournent autour des mises en situation qui permettent à chacun de contribuer."

Il a une approche managériale do by myself, il décide et réalise les projets, se sent fortement impliqué et favorise la concertation des équipes : c’est la base de son fonctionnement. Il convie régulièrement ses collaborateurs à des réunions courtes mais fréquentes, et ne sont présentes que les personnes directement concernées par le projet.

Il sait fêter les succès et créer une atmosphère positive pour entretenir la motivation de son équipe. Les profils types du manager 2030 en lien avec les pratiques collaboratives sont l’impulseur agile et le business connecteur.

Quelles sont les forces et faiblesses des managers pour mettre en place des pratiques collaboratives ?

J-L G. : Selon moi, les points forts du manager sont l’efficacité, le plaisir au travail, le travail utile, de savoir donner du sens afin de nourrir la vision d’entreprise

Les difficultés rencontrées par certains managers sont le manque de cohérence entre les ambitions et les moyens dont ils disposent vraiment, la surcharge d’activité souvent source de burn out, le manque d’agilité, de souplesse, l’incapacité à apprendre de ses échecs. 

"Les approches collaboratives représentent tout un champ de compétences à acquérir pour les managers !"

Par exemple, un profil comme le manager impulseur agile confronté à des problèmes de culture ne pourra réussir qu’au sein d’un environnement propice au développement des individus et des nouveaux projets.

Qu'observez-vous comme pratiques collaboratives au sein des entreprises ?

J-L G. : Les managers doivent plus que jamais prendre en compte les affects de leurs collaborateurs. Cela nécessite de savoir gérer les émotions de son équipe. Toutes les techniques favorisant l’expression et la qualité de l’écoute sont efficaces. 

Par exemple, certains utilisent le fishbowl qui consiste à créer un cadre de parole à 4 personnes et des observateurs autour. Celui ou celle qui souhaite prendre la parole prend place dans le cadre et l’un des participants libère sa place pour permettre au nouveau venu de s’exprimer. C’est un exercice d’attention à l’autre, d’expression qualitative et d’accueil de la parole.

Les tendances en matière de pratiques collaboratives tournent évidemment autour des mises en situation qui permettent à chacun de contribuer : process vision pour se projeter, speedboat pour tracer une feuille de route pour se projeter rapidement, jeux de rôles avec des personnes. La systémie trouve également une utilité pour identifier des blocages et aussi des leviers de coopération.

Une conviction : les approches collaboratives sont efficaces si elles reposent sur une intention sincère et claire et font l’objet d’un cadre maîtrisé et sécurisé par ceux qui les mettent en œuvre. C’est tout un champ de compétences à acquérir pour les managers !

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