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Et si l’intergénérationnel devenait votre avantage compétitif ?

En octobre, l’ANDRH et Swile ont embarqué les Jeunes Pros RH pour un afterwork pas comme les autres : un décryptage de l’intergénérationnel avec Yannick Merciris, directeur de la rédaction de The Daily Swile, et Caroline Sarrot-Lecarpentier, conférencière, médiatrice et consultante. Au programme : échanges inspirants et rires autour d’un stand-up sur le monde du travail. Une rencontre où networking rime avec learning.

L’âge : dernière discrimination autorisée 

Ce qu’il faut retenir des échanges, c’est d’abord que l’âge reste un tabou. « L’âge, c’est la dernière discrimination autorisée », souligne Caroline Sarrot-Lecarpentier. Contrairement au genre ou à l’origine, parler d’âge reste socialement accepté, mais c’est un frein majeur à la diversité et à la performance. Ensuite, les stéréotypes enferment.
Senior ne rime pas toujours avec sagesse et transmission. « Ces stéréotypes sont à double tranchant : positifs en apparence, mais enfermants », explique Caroline Sarrot-Lecarpentier.
Tous les seniors ne veulent pas transmettre, certains souhaitent continuer à apprendre, d’autres aspirent à la retraite.
De même, jeune ne signifie pas forcément digital native et innovation. « Arrêtez de mettre sur nos épaules cette pression : nous n’en savons pas plus que vous », témoignent des jeunes pros dans la salle. Enfin, ce n’est pas un choc des générations, mais un choc des repères. Les tensions viennent des différences de rapport au travail, au temps, à la communication et à l’autorité. « Ce ne sont pas des conflits de génération, mais des conflits de valeurs », insiste l’experte.

Pourquoi ce sujet est-il stratégique pour l’entreprise ?

Parce qu’il conditionne la performance collective : « L’avenir sera intergénérationnel… ou conflictuel. À vous de le prendre en main », prévient Caroline. Bien gérer, l’intergénérationnel : 

  • Favorise la culture d’entreprise en assurant la transmission des savoirs et des valeurs ;
  • Stimule l’innovation grâce à la complémentarité des expériences ;
  • Accroît l’engagement en permettant à chacun de trouver sa place et de se sentir utile.

Des solutions concrètes pour passer à l’action Pour y parvenir, plusieurs solutions concrètes s’imposent : le co-mentoring et le reverse mentoring sont des leviers puissants. « Chez Microsoft, des duos intergénérationnels ont travaillé six mois sur des projets d’innovation. Résultat : des idées qui bousculent et qui tiennent la route », explique-t-elle. La formation continue pour tous est également essentielle pour anticiper l’obsolescence des compétences.
Il faut aussi valoriser les rôles modèles afin d’éviter le gâchis des savoirs lors des départs en retraite. Enfin, l’intelligence
circulaire doit devenir une pratique courante : « Comme l’économie circulaire, il faut faire circuler l’intelligence dans l’entreprise ».

Les annonces RH doivent aussi évoluer. Quatre règles d’or sont à retenir :

  • Parler compétences plutôt que que d'âge,
  • Présenter des avantages qui profitent à tous,
  • Diversifier les visuels et le langage pour éviter le jargon générationnel,
  • Multiplier les canaux de diffusion pour toucher toutes les audiences.

Les chiffres clés à retenir : 82 % des salariés considèrent le bureau comme le premier lieu de rencontre intergénérationnelle. En 2050, un Français sur trois aura plus de 60 ans. Une entreprise sur deux hésite à recruter un senior. 39 % des compétences essentielles des travailleurs devraient changer d’ici 2030.