← Actualités

Réussir autrement : audace, réseau et… se démarquer

Lors d’une soirée dédiée aux Jeunes Pros, la question de la progression en entreprise a laissé place à un débat plus profond : celui de la méritocratie. Entre échanges sans filtre et atelier CV, un constat s’impose : les règles ont changé. Et pour avancer aujourd’hui, le mérite ne suffit plus.

Dès les premiers échanges, le ton est donné : « est-ce que le mérite suffit aujourd’hui pour réussir en entreprise ? »  La réponse est immédiate, presque unanime : le mérite reste essentiel, mais il ne fait plus tout. Matthieu Bax, DRH de Moët Hennessy France et vice‑président de l’ANDRH nationale, le formule avec précision :

« le mérite est important parce qu’il construit un parcours, mais pris tout seul, il est trop subjectif pour fonctionner partout de la même façon. »

Autrement dit, pour avancer aujourd’hui, trois leviers s’imposent : l’audace, le réseau et la capacité à se démarquer.

1. Quand l’audace fait la différence

Loin des parcours linéaires ou des trajectoires toutes tracées, les témoignages viennent rappeler que la réussite s’écrit souvent à coups d’initiatives personnelles. Angélique Bordas, DRH chez Transdev et présidente de l’ANDRH Paris Seine, revient sur son propre parcours en mentionnant ce qui lui a permis d’avancer, « n’est autre que le culot et l’audace. »

Derrière cette affirmation, une réalité que beaucoup ressentent déjà : le monde professionnel ne récompense plus uniquement l’effort ou la conformité au modèle attendu. Il valorise aussi la capacité à provoquer les opportunités, à sortir du cadre, à se rendre visible.

2. Le réseau, une compétence à part entière

Dans ce nouvel équilibre, le réseau occupe une place singulière. Longtemps perçu comme un avantage opaque ou un facteur d’inégalité, il est aujourd’hui réhabilité comme un levier de développement professionnel.

Mais, là encore, la notion mérite d’être précisée. Le réseau n’est pas une somme de contacts, ni un simple carnet d’adresses. Il s’agit d’une compétence que rappelle Nicolas Bourgeois, Partner Management Consulting, PwC France et Maghreb : « l’important, ce n’est pas qui on connaît, mais comment on le connaît. » Derrière cette formule, une réalité simple : le réseau repose sur des relations authentiques et sur une capacité à créer du lien et à le mobiliser.

3. Se démarquer, plutôt que se conformer

Face à ces transformations, les conseils adressés aux jeunes professionnels convergent vers une idée forte : il ne s’agit plus d’être bon partout, mais d’être identifiable quelque part.

« Ceux qui passent leur temps à travailler leurs faiblesses se banalisent », explique Matthieu Bax. À l’inverse, miser sur ses points forts permet de se distinguer dans un environnement concurrentiel. Cette logique suppose également d’avoir un cap, même évolutif. « Si vous ne savez pas où vous voulez aller, vous avez peu de chances d’y arriver », rappelle-t-il encore. Cela ne signifie pas figer son parcours, mais être capable de donner du sens à ses choix.

Car aujourd’hui, la carrière se construit aussi comme un récit. Il ne s’agit pas seulement d’enchaîner des expériences, mais de les articuler, de les expliquer, d’en faire une trajectoire cohérente.

Le CV, ou l’art d’aller à l’essentiel

La seconde partie de la soirée a clairement changé d’ambiance avec le roast de CV signé Flaubert Vuillier, fondateur de La Manufacture RH. Moins de théorie, plus de vérité terrain et quelques CV passés au grill, en live, avec humour mais sans complaisance.

Avec son franc-parler, il rappelle une réalité qui pique un peu : un recruteur passe entre 6 et 40 secondes sur un CV*.* Autant dire qu’il n’y a pas de place pour le flou. « Curieux, motivé, dynamique » ? On oublie. Ce qui compte, c’est du concret, du visible, du mesurable. Derrière chaque expérience, la question est simple : à quoi ça a servi ? Qu’est-ce que tu as produit, changé, apporté ?

Parmi les messages clés à retenir :

  • Aller droit au but, avec un CV lisible et structuré, pensé pour être compris en quelques secondes ;

  • Prouver plutôt que déclarer, en intégrant des chiffres, des résultats, des exemples concrets ;

  • Ne pas négliger le hors-CV, car bénévolat et engagements en disent souvent autant que les expériences pro.

En filigrane, le message rejoint celui de toute la soirée : la jeune génération RH est lucide. Elle sait que le mérite seul ne suffit plus, et que pour avancer, il faut aussi savoir se rendre visible, créer du lien… et assumer son histoire.

Un évènement organisé par les Jeunes Pros de l’ANDRH Paris Seine, Paris Centre, Paris Maillot et Paris Etoile.

Un article issu du hors-série ANDRH Ile-de-France.

Les intervenant(e)s
Matthieu Bax,
DRH de Moët Hennessy France et vice‑président de l’ANDRH nationale
Angélique Bordas,
DRH chez Transdev et présidente de l’ANDRH Paris Seine
Nicolas Bourgeois,
Partner Management Consulting, PwC France et Maghreb
Studio Cabrelli

Rejoignez +6 315 professionnels RH

Profitez de l'offre Découverte avant le 31 décembre 2026.

J'adhère maintenant pour 199 € →

Tout inclus. Sans engagement, offre limitée aux RH de + 30 ans en activité. Fin d'adhésion au 31/12/2026.

Lectures liées
Hors-séries régionaux

Hors-série Auvergne Rhône-Alpes : l'art de conjuguer performance et territoire

Première région industrielle de France, l’Auvergne Rhône-Alpes se distingue par la diversité de son tissu économique, où cohabitent grands groupes, ETI, PME et acteurs engagés. Face aux défis de l’attractivité et des talents, la coopération entre entreprises et réseaux professionnels constitue l’une de ses plus grandes forces. Une dynamique à laquelle l’ANDRH contribue en favorisant le partage d’expériences et l’intelligence collective.

Emploi

Où démarrer sa carrière quand on est jeune diplômé ?

Rennes, Lille, Paris, Avignon, Chambéry. Le baromètre LinkedIn 1er emploi 2026 révèle les territoires où les opportunités progressent le plus pour les jeunes diplômés. Une nouvelle carte de France se dessine, entre grandes métropoles et villes inattendues.

Hors-séries régionaux

Le modèle Executive Force Mentale® appliqué à la prévention des RPS dans la fonction publique

Aucun secteur d’activité n’est épargné par la montée des risques psychosociaux. En 2025, 45 % des salariés se déclarent en détresse psychologique. La fonction publique, soumise à des réorganisations fréquentes, à une pression politique et à la montée des incivilités chez les usagers, est en première ligne. Et si la clé résidait moins dans la réparation des dégâts que dans l’immunisation des agents, en amont, avant que le stress ne devienne souffrance ? C’est la conviction qui fonde le modèle Executive Force Mentale®.