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Vélo de fonction : un coup de pédale gagnant pour la QVCT

Nouvelle habitude de mobilité, levier QVCT, outil d’engagement, ancrage RSE… Le vélo de fonction coche toutes les cases des politiques RH modernes. Encore peu connu il y a cinq ans, il séduit aujourd’hui autant les directions que les collaborateurs, bien au-delà des centres urbains. Arthur de Jerphanion, cofondateur de Tandem, revient sur l’essor discret mais structurant de cette mobilité active qui s’invite dans les stratégies RH.

De quoi parle-t-on quand on évoque le vélo de fonction ?

 

Arthur de Jerphanion. Le vélo de fonction est une solution de mobilité proposée par l’employeur, au même titre qu’un abonnement de transport en commun. Le collaborateur bénéficie, à titre personnel, d’un vélo haut de gamme, entretenu et assuré, moyennant une contribution mensuelle généralement partagée entre l’entreprise et l’utilisateur. Structuré juridiquement depuis la loi LOM de 2019, ce dispositif s’inscrit dans un cadre légal encourageant le développement des mobilités durables. Il s’adresse à tous les profils, quel que soit leur statut ou leur implantation géographique.

 

Pourquoi le vélo de fonction s’impose-t-il aujourd’hui comme un levier stratégique pour les RH ?

 

A.J : Le vélo de fonction va bien au-delà du simple engagement écologique. Il répond à plusieurs enjeux clés de la fonction RH : amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail, renforcement de l’attractivité, fidélisation des talents, diminution de l’empreinte carbone, contribution à la santé globale des collaborateurs... Il permet de structurer une politique de mobilité responsable, tout en incarnant une attention concrète portée au quotidien des équipes.

Selon une étude relayée par le Medef, la pratique régulière d’une mobilité active – comme le vélo – augmente la productivité des salariés de 6 à 9 %. Et contrairement aux idées reçues, ce n’est pas réservé aux jeunes actifs urbains : nos meilleurs taux d’adoption sont en zones périurbaines et rurales, là où les alternatives à la voiture sont rares. Chacun y trouve un bénéfice différent : gain de temps, liberté de mouvement, forme physique, engagement éthique...

 

Quels sont les effets concrets sur la QVCT et la santé au travail ?

 

A.J : Ils sont à la fois immédiats et documentés. 85 % des utilisateurs que nous avons interrogés témoignent d’un effet positif dans leur quotidien : réduction du stress, ponctualité accrue, meilleure humeur en arrivant au travail... Le vélo s’intègre naturellement dans la routine du matin, comme une forme d’activité physique douce, sans contrainte logistique ou financière.

Plusieurs entreprises intègrent désormais ce dispositif dans leurs accords QVCT ou dans leurs négociations annuelles obligatoires. Il devient un véritable outil de prévention durable.

 

Pour répondre à cela, vous avez créé Tandem. Quelle était votre intention initiale ?

 

A.J : Notre rôle est de transformer une intention en solution opérationnelle. Tandem est né il y a cinq ans pour répondre à un vide entre deux extrêmes : la voiture de fonction, coûteuse et peu écologique, et le remboursement de l’abonnement aux transports en commun.

Aujourd’hui, nous accompagnons plus de 180 entreprises, de la TPE au grand groupe, sur tout le territoire, soit plus de 3 000 vélos en circulation. Le collaborateur sélectionne son vélo dans un catalogue de marques françaises, adaptées à tous les usages (urbain, familial, pliant…). Chaque vélo est assuré, entretenu et livré avec accessoires (casque, antivol, assistance). En moyenne, l’employeur prend en charge 70 % du loyer, déductibles à 25 % de l’impôt sur les sociétés. Le reste (environ 20 à 30 €/mois) est prélevé sur la fiche de paie.

 

Quels retours d’expérience observez-vous dans les organisations ?

 

A.J : Le dispositif est perçu comme un levier RH à fort impact. Il favorise la transversalité des politiques sociales et environnementales, touche tous les profils (cadres, ouvriers, fonctions support…) et contribue à une expérience collaborateur plus homogène. Des entreprises comme Kronenbourg, le Crédit Agricole Anjou-Maine ou encore Amadeus ont déployé le vélo de fonction à grande échelle. Kronenbourg, par exemple, salue sa capacité à fédérer les équipes, des sites industriels aux sièges. C’est un signal fort de modernité et de considération managériale.

 

Comment accompagnez-vous les directions RH et les équipes RSE dans le déploiement ?

 

A.J : Notre objectif est clair : proposer un dispositif fluide, sans complexité administrative. Dès la validation du projet, nous fournissons un kit de communication complet : e-mails types, affiches, contenus intranet, webinaires, événements de lancement, tests de vélos sur site…

Nous transmettons également un fichier de paramétrage pour la paie, mentionnant les salariés inscrits et les montants à prélever, configurables en une seule fois. Ensuite, tout est automatisé. Le salarié accède à une application pour suivre son contrat. En cas de problème, il scanne un QR code sur son vélo pour contacter directement nos équipes. Tout est conçu pour que les équipes RH n’aient rien à gérer au quotidien. Gérer une flotte de vélos, ce n’est pas leur métier. C’est le nôtre.

 

Quels conseils donneriez-vous à une direction RH souhaitant mettre en place un dispositif de vélo de fonction ?

 

A.J : La première étape, simple mais souvent décisive, consiste à sonder les besoins. Nous recommandons de lancer une courte enquête de mobilité auprès des collaborateurs : distance domicile-travail, modes de déplacement actuels, intérêt pour une offre vélo. Les résultats parlent d’eux-mêmes et permettent d’objectiver la demande.

Dans la majorité des cas, les RH sont surpris de l’engouement. Là où ils s’attendent à dix réponses positives, ils en reçoivent cinquante. Sur cette base, nous modélisons un scénario budgétaire réaliste, avec des taux de conversion estimés et des impacts RH projetés. C’est ce qui permet de sortir d’une logique perçue comme gadget, pour entrer dans une approche outillée, responsable et adaptée aux réalités du terrain !

 

 

 

Photo : Canva
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