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Entre littoral et tensions, France Travail PACA raconte la réalité du terrain

En Provence-Alpes-Côte d’Azur, le marché de l’emploi bouge vite et pas toujours comme on l’imagine. Métiers en tension, jeunes qui décrochent, seniors à remobiliser, industrie en recherche permanente de bras, solutions innovantes et coopérations locales : France Travail est sur tous les fronts. Pascal Blain, directeur régional, nous ouvre les coulisses d’une région où les défis sont nombreux, mais les réponses aussi.

Quelles sont aujourd’hui les tensions de recrutement en région PACA ?

Pascal Blain : Le marché reste actif : plus de 4,25 millions d’embauches ont été enregistrées en 2025 (+0,3 %). Mais, paradoxalement, nous constatons une baisse notable des offres diffusées (-12,6 % sur un an). Dans le même temps, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail progresse légèrement : 474 000 demandeurs d’emploi en catégories A, B, C (+4,0% sur un an)

Et surtout : 48% des recrutements sont jugés difficiles. Les secteurs les plus touchés par les tensions de recrutement restent assez constants :

  • La restauration et la cuisine,
  • Les services à la personne,
  • L’industrie (notamment la métallurgie),
  • La construction,
  • Le numérique.

La taille de l’entreprise joue aussi : plus l’entreprise est petite, plus la perception de la difficulté est forte.

Quelles compétences manquent le plus et comment accompagnez-vous les entreprises ?

Nos analyses montrent une pénurie à la fois de savoir-faire techniques et de savoir être. Pour y répondre, nous avons déployé plusieurs leviers :

1. L’orientation : Faire connaître les métiers, susciter des vocations, repérer les potentiels. Comme par exemples la Halle de l’industrie 360 à Istres ; les méthodes de détection des potentiels ou habiletés (Méthode de Recrutement par Simulation). 22 000 tests réalisés l’an dernier, dont 85 % confirment le projet professionnel.

La formation : France Travail porte le plan régional d'investissement dans les compétences qui nous a permis de former près de 32 000 demandeurs d'emploi en 2025.

Nous misons aussi beaucoup sur les Préparations Opérationnelles à l’Emploi (POE), l’alternance en entreprise ; les modules en organisme de formation… Résultat : 85 % d’accès à l’emploi à l’issue des formations.

2. Un travail fin avec les entreprises locales : Avec le Conseil régional, nous avons mis en place des communautés d’expression des besoins locaux afin de recueillir les besoins en compétences des entreprises actuels et futurs pour ajuster finement nos solutions.

Et pour les jeunes et les seniors, quelles actions spécifiques mettez-vous en place ?

Nos deux priorités en PACA sont très claires : les moins de 25 ans et les plus de 58 ans.

Pour les seniors, chaque agence dispose d’un conseiller spécialisé. L’accompagnement est renforcé, collectif ou individuel. Beaucoup réalisent qu’ils n’atteindront pas la retraite sans retrouver un emploi.

Pour les jeunes, c’est un défi majeur : plus de 20 % de notre budget formation leur est consacré.
Nous travaillons avec le rectorat sur plusieurs sujets :

  • Aider les 47 % de jeunes qui décrochent en première année d’université ;
  • Trouver des solutions pour les diplômés de licence sans master ;
  • Mieux orienter vers des filières professionnalisantes.

Nous déployons aussi Avenir Pro, pour intervenir dans les lycées pros, expliquer les opportunités et accompagner plus tôt.

Comment contribuez-vous à l’attractivité de la région et au maintien des talents ?

Notre mission première est de favoriser le développement économique en rendant les recrutements possibles. PACA est une région contrastée, avec des zones très denses et d’autres très rurales, et des enjeux énormes :

  • Transition industrielle autour de l’étang de Berre ;
  • Les Jeux olympiques de 2030 ;
  • Grands chantiers régionaux ;
  • Coût du logement et mobilité ;
  • Forte proportion de travailleurs pauvres. 72 % des habitants pourraient accéder au logement social, et 25 % vivent sous le seuil de pauvreté (17 % après prestations). Ces réalités pèsent sur les recrutements : difficulté à se loger, à se déplacer, voire à travailler sans perdre d’argent.

Notre rôle est donc double : répondre aux besoins en compétences, mais aussi renforcer l’inclusion (clauses d’insertion, féminisation des métiers, accompagnement des personnes peu qualifiées ou non francophones). Parce que plus les entreprises s’ouvrent, plus elles arrivent à recruter.

Comment travaillez-vous avec l’ANDRH en région ?

Nous collaborons activement avec les groupes locaux. Cela passe par des conférences (par exemple sur la santé mentale) et des événements emploi : job dating, opérations immersives, rencontres entreprises. L’enjeu est simple : faire connaître nos outils (POE, MRS, recrutements immersifs, forum inversé…) et, en retour, comprendre les besoins RH des entreprises. C’est une synergie très utile : beaucoup d’entreprises ne connaissent pas nos dispositifs, alors même qu’ils répondent à des besoins concrets.

Quels conseils donneriez-vous à un DRH ?

Plusieurs priorités ressortent clairement :

1. Travailler le sens et la proposition de valeur : Les salaires évoluent peu, les entreprises ont intérêt à communiquer sur :

  • La mission ;
  • L’utilité ;
  • L’ambiance ;
  • Le produit.

2. Diversifier les canaux (dont les réseaux sociaux) : Montrer la réalité du travail, les équipes, les parcours.

3. Ouvrir la porte aux profils atypiques : Notre expérience le confirme : ces profils ont un turnover deux fois inférieur. Un pizzaïolo devenu menuisier dans le yachting de luxe ? Ça fonctionne.

4. Faire confiance au service public de l’emploi : France Travail, Missions locales, Cap Emploi, Apec : nous travaillons ensemble pour répondre aux besoins des entreprises.

Un dernier message à adresser aux RH ?

France Travail souhaite être le partenaire naturel de toutes les entreprises quelle que soit leur taille. Plus vous nous partagez vos besoins, plus nous pouvons vous aider. Nos chiffres le montrent : 86 % des offres sont pourvues en 23 jours en moyenne ; 88,9 % des employeurs sont satisfaits de notre accompagnement.

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