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Le Cap emploi de votre département : votre partenaire « emploi et handicap »

Pour les personnes en situation de handicap, il est parfois difficile d’intégrer le marché de l’emploi. Cap emploi, œuvre sur l’ensemble du territoire pour les accompagner vers et dans l’emploi. En cette semaine européenne pour l’emploi des personnes en situation de handicap, retour sur l’engagement des Cap Emploi avec Laetitia André, directrice d’ARIS, Nathalie Eustache, responsable du service Cap emploi / Responsable Haut-Doubs, Elodie Marzio, chargée de maintien dans l’emploi, Suzanne Peana, chargée de maintien dans l’emploi et Vincent Schmidt, Responsable « projets et développement » d’ARIS. Un article publié dans le supplément Santé & QVCT du magazine de l’ANDRH.
Sommaire

Quel rôle tient Cap Emploi dans l'accompagnement du handicap en emploi ?

Le « Cap Emploi » est une mission de service d’intérêt économique générale confiée à une association départementale par l’État et co-financé par France Travail, l’Agefiph et le FIPHFP. Pour le « Cap Emploi » du Doubs et du Territoire de Belfort, il s’agit de l’ARIS. Son rôle est d’accompagner les employeurs, les demandeurs d’emploi et les salariés (ou travailleurs non-salariés) concernés par une situation « handicap et emploi ». Le Cap Emploi est un service « emploi ». Cette finalité est toujours au cœur de nos accompagnements.

Pour les demandeurs d’emploi, le Cap Emploi intervient à tout moment de l’avancée du projet de la personne ; de son élaboration jusqu’à l’intégration dans l’entreprise mobilisant les dispositifs de droit commun et spécifiques, d’aides au retour vers l’emploi. Nous venons en appui à notre partenaire France Travail dans le cadre de notre rôle d’expert handicap. Nous intervenons auprès des dirigeants et DRH au cours des recrutements, dans le montage de dossiers de financement jusqu’à l’aménagement de poste du nouvel embauché. 

Pour les actifs, salariés et non-salariés, en difficulté sur leur poste en raison d'une problématique de santé, reconnue ou en voie de l'être, comme handicapante, le Cap emploi intervient après l’accord de l’intéressé, de l’employeur et du médecin du travail. 

Nous réalisons alors en étroite collaboration avec ces acteurs une étude de poste dans le cadre d’un diagnostic partagé, proposons des solutions possibles de compensation par un aménagement organisationnel, horaire et/ou matériel et suivons la mise en place de celles-ci. Nous assurerons ensuite un suivi de la situation. 

Lorsque la situation de handicap ne permet pas le maintien dans son emploi, à son poste, dans l'entreprise ou dans le groupe, le salarié peut nous mobiliser en tant qu’opérateur du Conseil en Evolution Professionnelle (CEP), pour élaborer un projet de reconversion compatible avec les contraintes de santé. Il est accompagné alors dans la définition de celui-ci et le cas échéant dans le montage d’un plan de développement des compétences. Cette démarche s'initie à la simple initiative du salarié dans le cadre de l’évolution professionnelle ou en lien avec l’employeur dans le cadre de la transition. 

Quel est le rôle de la médecine du travail dans l'accompagnement du handicap en emploi ?

La médecine du travail a un premier rôle de repérage des salariés avec difficultés de santé, déjà reconnues ou non, en situation de handicap, se trouvant en risque d’inaptitude ou ayant un besoin particulier d’aménagement de poste. Elle oriente, si elle en juge le besoin, le salarié vers Cap emploi. Elle formule les préconisations d’aménagement pour permettre ainsi à nos services d’instruire les dossiers de financement, suivant le statut de l’employeur auprès de l’AGEFIPH, du FIPHFP ou d’organismes de branche. Elle a aussi un rôle de suivi des aménagements mis en place.

Quels conseils donneriez-vous aux DRH qui souhaitent développer des actions en matière d’handicap et d’emploi ?

L’un des principaux conseils à donner à un DRH est vraiment de coconstruire chaque projet d’intégration et/ou de maintien avec l’ensemble des parties prenantes : salarié concerné, responsable hiérarchique direct, médecin du travail et intervenant Cap emploi. Dans ce cadre, le DRH doit partager les contraintes de l’entreprise au sujet de l’aménagement de poste et de l’intégration du salarié et écouter les besoins du salarié pour avancer ensemble et trouver des solutions gagnant-gagnant. Il doit aussi permettre la libération de la parole et créer un climat de confiance permettant au salarié s’il le souhaite, de faire part de ses contraintes à ses collègues. 

L’intervention de nos chargés de missions peut amener l’entreprise à développer en fonction de la situation, une approche par compétences plutôt que par métiers. 

Cette démarche consiste à adapter la fiche de poste aux capacités et compétences de la personne en lien bien sûr avec les besoins de l’entreprise. Cette démarche fait partie de l’aménagement organisationnel. L’objectif est ainsi d’optimiser les conditions de la réussite.  

Il existe des obligations légales depuis longtemps en matière de handicap et les entreprises peinent à atteindre le taux de 6%. Comment expliquez-vous cette situation ? 

Il y a une méconnaissance des entreprises vis-à-vis de l’offre de services conséquente, mise à leur disposition pour les accompagner à l’intégration et au maintien dans l’emploi des Bénéficiaires de l’Obligation d’Emploi des Travailleurs Handicapés. 

Le sujet du handicap reste tabou dans les entreprises en particulier quand il est invisible. Rappelons que 80% des handicaps sont invisibles. 

L’embauche d’un bénéficiaire de l’obligation d’emploi ou d’une personne en voie de l’être peut faire peur aux dirigeants. Quelle perte de productivité produira cet engagement ? Quelles lourdeurs administratives vont générer à l’entreprise les demandes de financement pour l’aménagement de poste ? Les Cap Emploi sont là pour accompagner l’employeur dans toutes ces démarches et pour coordonner et créer avec les parties prenantes, les conditions de réussite. 

Tout le monde s’accorde pour dire que les Jeux Paralympiques ont été un véritable succès. Attendez-vous des retombées en matière d’emploi ?

Les Jeux paralympiques ont été en effet un formidable coup de projecteur sur les capacités et les ressources pouvant être développées par les personnes en situation de handicap. Ils bousculent les représentations et peuvent avoir un impact très positif en termes de prise de conscience collective. Cependant le succès de ces jeux ne doit pas nous faire oublier les difficultés de participation des personnes en situation de handicap dans toutes les sphères de la vie en société et en particulier le travail. 

Ces Jeux peuvent être une invitation pour les différents acteurs du handicap et les entreprises à réfléchir autrement, de passer d’une approche limitative partant des incapacités à une approche plus positive se basant sur les potentiels et le pouvoir d’agir de la personne. 

Cette démarche fait pleinement écho aux mots de Tony Estanguet dans son discours à la cérémonie d’ouverture des jeux paralympiques, le mercredi 28 août 2024 : "Même si vos histoires de vie sont toutes singulières, on vous a souvent fait la liste de tout ce que vous ne pouviez pas faire. Jusqu’au jour où vous avez poussé la porte d’un club de sport.  Ce jour-là, vous avez su que le sport, lui, ne vous mettrait aucune limite. Ce jour-là, vous avez su qu’il ne vous enfermerait dans aucune case." 

Dans le cadre de ce changement de paradigme sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap, notre association ARIS développe actuellement au-delà de sa mission Cap emploi des ateliers de développement de la confiance en soi par le sport pour des personnes dont le parcours vers l’emploi demande plus de temps. Ces actions s’appuient sur un travail collaboratif avec les clubs sportifs.

Pour aller plus loin

 

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