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« Sans logement de qualité, il sera difficile d’atteindre le plein emploi. » - Thierry Asselin, Union sociale pour l’habitat

Le logement social en France concerne aujourd’hui environ 17% de la population. Elément clé pour permettre à de nombreuses personnes de trouver un emploi ou d’en changer, le logement social fait face à de nombreux enjeux. Eclairages avec Thierry Asselin, directeur des politiques urbaines et sociales de l’Union sociale pour l’habitat. Une interview publiée dans le magazine de l’ANDRH (numéro de juin).
Sommaire

Quelle place occupe le logement social aujourd’hui en France ?

Thierry Asselin : Les organismes logement social gèrent environ 5,4 millions de logements, et logent 17 % de la population française. L’histoire du logement social est centenaire et est ancrée dans l'histoire de notre pays.

"Début 2023, on compte 2,4 millions de ménages en attente d’un logement, dont 700 000 sont déjà logés dans le parc social."

Parmi ses toutes premières missions figurait l’objectif de loger des salariés modestes qui ne pouvaient pas se permettre d’accéder à un logement décent. Aujourd’hui encore, plus de 2/3 des occupants du parc social sont des actifs, dont une majorité d’employés, d’ouvriers et de professions intermédiaires.

Qu'en est-il de l'offre de logements sociaux par rapport à la demande ?

Thierry Asselin : Chaque année, environ 430 000 logements sociaux se libèrent, mais cela reste insuffisant face à la demande. Début 2023, on compte 2,4 millions de ménages en attente d’un logement, dont 700 000 sont déjà logés dans le parc social.

Nous parvenons à répondre à environ 20% des demandes chaque année, mais cette proportion varie considérablement d'un territoire à l'autre. Dans les régions et les agglomérations les plus dynamiques, le parc existant et nouvellement mis en service permet de répondre à 10 ou 15% de la demande chaque année.

"La loi 3DS a imposé aux agglomérations de se fixer des objectifs concernant les « travailleurs essentiels »."

Le système d'attribution des logements sociaux est fortement encadré en France et implique différents acteurs : l’Etat, les collectivités locales, Action Logement, …. Les agglomérations et les métropoles jouent un rôle essentiel.

Il est intéressant pour les entreprises de dialoguer avec ces collectivités pour partager les besoins de logement des salariés et les alerter sur les problématiques rencontrées. Par exemple, la loi 3DS a imposé aux agglomérations de se fixer des objectifs concernant les « travailleurs essentiels » qui peuvent recouvrir des professions très diverses : 

  • personnels de grande surface, 
  • chauffeurs routiers ou conducteurs de transports collectifs, 
  • enseignants, 
  • personnel hospitalier, etc. 

Nous ne souhaitons pas une définition figée de ces travailleurs, mais plutôt des discussions locales pour déterminer comment favoriser l’accès au logement social des salariés en fonction des besoins.

Quelles sont les mesures prises pour répondre aux besoins spécifiques des travailleurs ?

Thierry Asselin : La majorité du parc social est composé de logements familiaux allant du T2 au T5, comprenant des logements anciens et récents. Ces logements sont destinés à un public assez large allant des personnes à faibles ressources, aux travailleurs modestes et aux salariés intermédiaires.

Les bailleurs sociaux proposent également des solutions spécialement adaptées aux jeunes actifs, telles que :

  • des foyers de jeunes travailleurs (FJT),
  • des résidences sociales pour jeunes actifs,
  • des logements appelés "articles 109" réservés aux moins de 30 ans avec des baux d'un an renouvelables.

A noter que tous ces produits permettent également d’accueillir des travailleurs saisonniers, qui peuvent également être logés pendant la période estivale au sein des résidences universitaires des bailleurs sociaux.

Y a-t-il des possibilités de partenariat entre entreprises et bailleurs sociaux pour la construction de logements ?

Thierry Asselin : Tout à fait. Certaines entreprises disposant de terrains peuvent s'associer à des bailleurs sociaux pour construire des logements destinés à leurs salariés. Certaines grandes entreprises, comme La Poste, la SNCF ou la RATP, qui ont du foncier, sont déjà très impliquées dans ce domaine.

Les bailleurs sociaux peuvent apporter leur expertise et aider à imaginer des projets de logements adaptés et jouent un rôle d'intérêt général dans le développement du secteur du logement.

"Les DRH et les acteurs économiques ne doivent pas hésiter à explorer toutes les possibilités de partenariats avec les bailleurs sociaux."

Les bailleurs sociaux sont d’ailleurs historiquement très liés aux entreprises au travers d’Action Logement qui est un partenaire historique et essentiel du secteur par les financements qu’il lui apporte.  

Comment mieux faire connaître le domaine du logement social et ses différentes offres ?

Thierry Asselin : Les DRH et les acteurs économiques ne doivent pas hésiter à explorer toutes les possibilités de partenariats avec les bailleurs sociaux.

Il est aussi important de rappeler qu’il existe de nombreux produits différents adaptés aux besoins spécifiques des salariés. La colocation, par exemple, est encore peu connue mais peut être une solution urgente pour les jeunes en recherche de logement abordable.

Pour mieux faire connaitre la diversité des solutions offertes par les 590 organismes Hlm présents sur tout le territoire, l’Union sociale pour l’habitat a également développé 2 sites :

  • Hlm-info.fr, qui comme son nom l’indique permet au grand public de s’informer sur les conditions d’accès au logement social,
  • bienveo.fr, plateforme de mise en ligne des logements disponibles à la vente ou à la location.

Pour aller plus loin

À Télécharger
Le magazine de l'ANDRH - Numéro de juin - Thierre Asselin
98,42 Ko
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