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Italie : près d’un tiers des grandes entreprises utilise le Smart Working

Italie : près d’un tiers des grandes entreprises utilise le Smart Working

30% des grandes entreprises a réalisé des projets structurés de travail agile contre 17% en 2015, et les « smart workers » italiens – ces salariés qui bénéficient d’une flexibilité de lieu et de temps de travail – sont estimés à 250 000, soit 7% des employés, cadres et dirigeants (+40% par rapport à 2013). Ce sont les principaux résultats de la 5e édition de l’Osservatorio Smart Working de la School of Management – Politecnico di Milano, présentée le 12 octobre.


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En outre, 11% des entreprises a déclaré proposer des modalités de travail agile même en l’absence d’un projet structuré, et 13% ont prévu de l’introduire. « L’année 2016 a marqué un tournant pour le smart working en Italie : la diffusion et la maturation croissantes des projets des entreprises ont été accompagnées d’une prise de conscience au niveau institutionnel, avec le projet de loi en discussion au Parlement », a commenté Mariano Corso, professeur d’Organisation et Ressources Humaines et responsable scientifique de l’Osservatorio Smart Working. « La recherche montre que le travail agile en Italie n’est plus une utopie ou une niche, mais une réalité importante et en développement, en mesure d’offrir une bouffée d’innovation et de flexibilité à un marché du travail bloqué pendant des années ». L’étude considère que même si on limitait le smart working aux formes déjà expérimentées, cette modalité pourrait s’appliquer à 5 millions de personnes, soit 23% des actifs.

La recherche de l’université milanaise, articulée sur plusieurs niveaux (enquête auprès de plus de 200 grandes entreprises et 300 PME, sondage sur 1 004 travailleurs, approfondissement de 20 best practice, ateliers thématiques auxquels ont participé plus de 90 entreprises, etc.), montre l’expansion rapide du smart working, conçu à la fois pour améliorer la productivité et mieux répondre aux attentes des salariés sur la conciliation vie privée – vie professionnelle. Dans 35% des entreprises concernées, le travail agile est pour le moment une initiative expérimentale sur un nombre limité de salariés, alors que 40% de l’échantillon est passé à la phase de développement (en impliquant davantage de salariés), et seulement un quart considère avoir atteint son régime de croisière (travail agile sur tous les travailleurs potentiellement concernés).

« Le développement du smart working en Italie est un phénomène irréversible, mais pour qu’il ait des effets d’envergure sur l’organisation du travail, il reste des chantiers ouverts, sur lesquels entreprises, institutions, syndicats et recherche doivent travailler ensemble », souligne Fiorella Crespi, directrice de l’Osservatorio Smart Working. Le principal point noir est représenté par les PME, qui constituent l’essentiel du tissu économique italien mais qui sont seulement 5% à avoir adopté un projet de smart working, en raison du scepticisme de leur management et d’une méconnaissance des bénéfices potentiels. Autre défi, la déclinaison du travail agile dans les entreprises industrielles : les emplois ouvriers ou liés à la présence physique dans une usine sont aujourd’hui exclus, mais cela pourrait changer dans le futur grâce notamment aux innovations technologiques prévues dans le plan Industrie 4.0.

Selon l’Osservatorio, 90% des projets réalisés se basent sur la flexibilité du lieu de travail (possibilité de travail à la maison), suivie par la flexibilité dans la gestion des horaires (73%), le travail dans d’autres sièges de l’entreprise (54%), le travail occasionnel dans des lieux tiers comme des espaces de co-working (51%) et enfin la réorganisation physique des bureaux (40%). Le smart working suppose une organisation complexe et nécessite donc une attention de la part de la direction, des ressources humaines (qui pilotent le projet dans 83% des cas) et d’autres services (IT en raison des technologies numériques nécessaires, Facility Management…). « Un projet efficace de smart working doit agir sur trois éléments : l’alignement entre les priorités stratégiques de l’entreprise et les objectifs des personnes concernées ; un style de leadership qui prévoit l’implication des collaborateurs dans les processus de décision et la capacité à déléguer ; et des comportements personnels caractérisés par la proactivité et l’intelligence collaborative », souligne Mariano Corso.

La participation au smart working est en général facultative : dans plus de la moitié des entreprises considérées, une procédure a été mise en place pour permettre aux salariés qui le souhaitent de se porter candidat. De façon un peu surprenante, le smart worker italien est un homme dans 69% des cas, d’un âge moyen de 41 ans et qui réside à 52% au Nord de l’Italie.

Le sondage parmi les travailleurs concernés a mis en évidence des effets positifs de cette modalité de travail à plusieurs niveaux : développement de carrière, satisfaction, conciliation vie privée-vie professionnelle… 41% des smart workers considère « excellente » sa capacité à développer des compétences favorables à l’évolution de carrière, contre 16% de l’échantillon global ; 34% est satisfait de sa qualité de travail (26% en moyenne globale) ; 46% est enthousiaste de son travail (20% en moyenne globale) ; 29% déclare réussir à concilier ses exigences personnelles et professionnelles (15% en moyenne globale). Les niveaux de satisfaction des femmes qui bénéficient du travail agile sont en outre plus importants que ceux des hommes.

L’Osservatorio a décidé d’encourager les expériences positives en instituant un prix, les « Smart Working Awards », dont les vainqueurs 2016 sont Alstom, Philips, Sisal, Subito et Zurich.

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