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Et si la Méthode de recrutement par simulation remplaçait le CV… et que ça fonctionnait vraiment ?

Confrontée à une pénurie de candidatures sur des métiers en tension en Pays de la Loire, Céline Rigaud, DRH du Groupe Defontaine, a mobilisé la Méthode de recrutement par simulation de France Travail pour renforcer son attractivité et sécuriser ses recrutements. Fondée sur l’évaluation des aptitudes plutôt que sur les CV, cette démarche propose une réponse structurée, inclusive et opérationnelle aux besoins des entreprises. Dans son organisation, les résultats démontrent clairement son efficacité.

Pourquoi vous êtes-vous tournée vers France Travail et la Méthode de recrutement par simulation (MRS) ?

Céline Rigaud : Nous étions confrontés à des difficultés majeures de recrutement. Les métiers techniques et de production sont en tension, et nous avions atteint un point où même les agences d’intérim n’arrivaient plus à sourcer des candidats. Face à ce constat, nous avons ouvert toutes les pistes possibles, frappé à toutes les portes. C’est dans ce contexte que France Travail nous a présenté la MRS. À ce moment‑là, nous ne connaissions pas ce dispositif. Compte tenu de l’urgence et du besoin, nous avons pris une posture très pragmatique : « on tente ». Cette décision d’essayer la MRS n’était pas idéologique : c’était une réponse concrète à un problème réel d’attractivité et de viviers épuisés. Et cela s’est avéré structurant pour la suite.

Comment se déroule le dispositif ?

C.R. : La MRS s’appuie sur un processus très structuré, dans lequel France Travail pilote la sélection et ouvre largement les portes du recrutement :

  1. Ouverture de la sélection : la campagne n’est pas limitée aux seules personnes inscrites chez France Travail. Toute personne motivée peut candidater, avec ou sans parcours préalable dans l’industrie.
  2. Visite du site : une immersion est organisée chez nous, avec l’appui de France Travail. Les candidats découvrent les ateliers, voient les machines, rencontrent nos managers, touchent la matière. Cette étape est importante : elle permet de se projeter dans le métier avant de s’engager.
  3. Tests d’aptitudes : des exercices ciblés sont proposés pour déceler les aptitudes techniques nécessaires à la formation que nous dispensons ensuite. L’objectif n’est pas d’évaluer un CV mais de vérifier des capacités concrètes (logique, rigueur gestuelle, compréhension de consignes, etc.)
  4. Organisation par France Travail : France Travail organise l’ensemble de la sélection et, structure les groupes. De notre côté, après les tests, nous menons les entretiens avec chacun des candidats.
  5. Recrutement & formation : à l’issue, nous recrutons les candidats retenus et les formons en interne sur des parcours longs, 12 à 18 mois selon les besoins. Ce sont des parcours identifiés, alignés sur nos métiers techniques.

L’un des points clés, c’est la lisibilité du parcours pour les candidats : ils voient le métier, passent des tests alignés sur les aptitudes attendues, puis, s’ils sont retenus, accèdent à une formation longue qui sécurise la montée en compétences.

En quoi la MRS se distingue‑t‑elle d’un recrutement « classique » ?

C.R. : La différence est nette : on ne regarde pas le CV. Ce qui prime, ce sont les aptitudes et la motivation. Cela ouvre la porte à des personnes qui n’auraient jamais osé postuler via des canaux traditionnels. Nous avons par exemple recruté quelqu’un venu de l’agroalimentaire, boucher de métier. À priori, aucun lien avec l’usinage. Pourtant, après les tests et la visite, la motivation était là, les aptitudes aussi ; et une fois formée, la personne correspond très bien aux attentes. Cette approche déverrouille des candidatures atypiques et permet de révéler des potentiels qui n’apparaissent pas sur un CV.

Quels résultats concrets avez-vous obtenus avec la MRS ?

C.R. : Les résultats sont très significatifs. En septembre, France Travail a mobilisé 20 candidats via la MRS. Neuf d’entre eux ont été retenus à l’issue des tests et des entretiens, et sont entrés en formation chez nous. Nous travaillons ainsi depuis deux ans, avec 2 à 3 sessions MRS par an. Au vu des besoins, j’ai demandé d’accélérer pour passer à 4 sessions annuelles.
Un point important : nous perdons très peu de personnes en cours de formation. Les décrochages existent toujours dans n’importe quel dispositif, mais ils sont rares. Le tri par aptitudes et motivation en amont sécurise clairement la suite du parcours.

Quels métiers sont concernés et comment sont structurés vos parcours ?

C.R. : Nous sommes sur des métiers techniques et de production de l’industrie, avec des parcours bien identifiés. Nous formons notamment des forgerons, des tailleurs, des usineurs. Ces parcours sont certifiants et ont été construits progressivement pour coller aux réalités de nos ateliers. Côté besoins, ils sont importants et réguliers : à titre d’exemple, je dois recruter environ 25 usineurs par an. La MRS nous aide à alimenter ces promotions dans la durée.

Que retenez‑vous des deux années d’utilisation de la MRS ?

C.R. : C’est gagnant‑gagnant. Les candidats voient la réalité du métier avant de s’engager, nous détectons les aptitudes et la motivation, et ça marche. Pour nous, la MRS fait ses preuves et nous aide à recruter durablement là où c’est le plus difficile. Au vu des résultats, nous poursuivons et intensifions le dispositif !

À Télécharger
Hors-série ANDRH Pays de la Loire
7,01 Mo
Les intervenant(e)s
Céline RIGAUD,
DRH du Groupe Defontaine
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